Robe de bal Belle Epoque- 1904

Afin de participer au bal organisé par notre association de danse ( dont le thème était La Belle Epoque), je me suis donc confectionnée une robe de bal.

Petite présentation du  costume féminin de la belle époque.

Les années qui précédèrent en France la Grande Guerre, correspondent à ce que les gens ont nommés plus tard «  Belle Epoque », en souvenir d’un temps de prospérité d’innocence et de divertissement juste avant que la « Der des Der » ne vienne perturber ce doux équilibre. Cette période est dite Edwardienne en Angleterre car située sous le règne d’Edward VII.

1900jour2

The Delienator, 1898 toilettes de ville/ Femme américaine vers 1903/ Deux sœurs vers 1906

Les barrières entre la cour et la riche bourgeoisie s’effondrent ;  le roi lui-même donne l’exemple : il apprécie les millionnaires, les héritières américaines et les jolies femmes. L’Angleterre et sa voisine française connurent une véritable période d’exubérance : les gens sortent, vont au théâtre, au cabaret, aux courses hippiques, organisent des parties de campagne.. On se doit fréquenter régulièrement ces lieux à certaines saisons et faire étalage de ses nouvelles toilettes qui représentent une dépense considérable pour être toujours au goût de la dernière mode.

La lutte contre le corset se fit plus ouverte ( CF Mon article sur l’histoire de ce sous vêtement ici : XXX). En 1898, les revues médicales décrivent le corset comme une armature dangereuse qui comprime la poitrine et la taille. On invente donc de nouvelles formes qui sans appuyer la poitrine, au contraire la dégage, la projette en avant, en accentuant la chute des reins. Le chapeau peut se regarder comme un balancier qui équilibre la silhouette par sa projection en avant. C’est la fameuse silhouette en S, faisant écho au mouvement de «  L’Art Nouveau », qui étale ses courbes et contrecourbes dans de nombreux domaines artistiques et de la vie quotidienne.

Chapeaux extravagants aux courses vers 1906/ Secrétaire en costume tailleur, 1904/ Toilettes de printemps, 1903, revue américaine de mode.

Chapeaux extravagants aux courses vers 1906/ Secrétaire en costume tailleur, 1904/ Toilettes de printemps, 1903, revue américaine de mode.

La jupe sirène s’évase sur les hanches, la dentelle orne les corsages et jupes à profusion dans un bouillonné impalpable. La chevelure est remontée sur la tête avec un gros chignon : la coiffure à «  la Pompadour » fait fureur  aussi bien que la « coiffure Gibson ». Charles Dana Gibson a dessiné des femmes à la beauté sculpturale, qui étaient, à la dernière mode avec une tendance à la sobriété chic. La «  Gibson girl » est une femme épanouie, fatale quelque fois et  porteuse d’un idéal féminin pour cette époque.

Camille Cliford, actrcie incarannt à la perfection la Gibson girl vrs 1902/ Le coup de foudre par C.D Gibson 1904/ Le rendez vous, C.D Gibson, 1903- The Gibson girl, C.D Gibson 1902

Camille Cliford, actrice incarnant à la perfection la Gibson girl,  vers 1902/ Le coup de foudre par C.D Gibson 1904/ Le rendez vous, C.D Gibson, 1903/ The Gibson girl, C.D Gibson 1902

Certes les robes du soir sont très décolletées mais les toilettes de ville  avec un petit col en dentelle ( lui-même baleiné), dissimulent le corps des oreilles jusqu’aux pieds. Les plumes d’oiseaux de paradis d’aigrettes et d’autruche fleurissent sur les toilettes et les accessoires ( On pense à ces grands éventails de nacre et de plumes d’autruches très en vogue) .

Pourtant la toilette féminine est généralement beaucoup plus légère qu’elle ne l’avait été jusque-là. Les femmes semblent s’habiller comme pour aller en Garden Party. Effectivement, la Riviera attire alors toute la haute société de France, d’Angleterre et de Russie.

la Mode 1903/ Robes de bal vers 1904/ Jenny Jerome par John Singer, 1903

la Mode 1903/ Robes de bal vers 1904/ Jenny Jerome par John Singer, 1903

La haute couture se développe et rayonne grâce au plus connus d’entre ces artistes : Charles Frederick Worth ( CF Article sur l’impératrice Elisabeth ici :Robe de Bal Sissi ) Doucet, Callot soeurs, Redfern ou Paquin se disputent les prestigieuses clientes.

Les couleurs des vêtements reflètent l’optimise des fortunés. On raffole de tons pastels- rose, bleu, mauve- des lamés à paillette, des étoffes légères de dentelle, et autre mousselines de soie, satin et tulle exquis. Le corsage est raffiné, agrémentés de broderies, de volants de dentelle et pour le bal : de toutes petites manches ou pendants d’épaules.

Les femmes adoptent le costume tailleur de ville. Il devient la tenue privilégiée des femmes qui nombreuses, arrivent à gagner leur vie comme gouvernante, secrétaire, vendeuse et même, les premières standardistes !

Robe de bal, 1902/ Robe de bal par Jacques Doucet, 1902/ Robe de bal américaine , 1905

Robe de bal, 1902/ Robe de bal par Jacques Doucet, 1902/ Robe de bal américaine , 1905

Les femmes s’adonnent également aux sports qui vont se développer et se diversifier. A chaque sport convient sa tenue !

tenue sportives: Automobiliste britannique en 1903/ Joueuses de tennis, USA 1904/

Tenue sportives: Automobiliste britannique en 1903/ Joueuses de tennis, USA 1904/ Cyclistes en 1898 aux USA/ Escrimeuse, vers 1902

La période 1900-1905 regorge de robes toutes plus belles les uns que les autres et plus spécialement les robes de bal : perlées, couleurs fortes ou pastels doux, incrustation de dentelle, de perles… Je cherchais avant tout à créer une robe sobre mais efficace, élégante mais praticable. Je me suis tournée vers mon tissu de prédilection pour ce contexte: le taffetas de soie ( pour son coté léger, fin et le doux bruit qu’il crée lors d’une danse) . Je l’ai choisis blanc, c’était un risque à prendre avec une traine pouvant potentiellement se salir mais au final je suis contente du résultat et ma robe n’as subi ni dommages ni salissures. Je porte sous cette robe des pantalonettes authentiques d’époque 1900, ainsi qu’un jupon d’époque 1890-1900. Le corset est plutôt à dater de 1860. Ayant naturellement la morphologie de cette époque, je n’ai pas cherché-  pour plus de confort dans la danse-  à créer un corset en S. Il sera présent Pour un autre projet j’en suis sûre ! Je porte sur le décolleté devant,  une boche-soleil en cristaux Swarovski je pense, qui m’a été léguée par ma grand-mère maternelle.

Je suis tombée amoureuse des formes de jupes issues de cette période. Moi qui suis très cambrée naturellement, elles me vont à ravir ! La femme de la Belle Epoque ressemble à une sirène avec cette longue et large traine qui se déploie telle une vague à l’arrière, créant ainsi au passage un prolongement de silhouette délicieux.

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> NB : Vous excuserez l’état  » chiffonné » de ma robe qui n’a pas supporté le long trajet en voiture pour se rendre sur les lieux du bal, ici une péniche voguant sur la Seine .

 

Crédits Photos : Céline Perron d’Arc/ Carnet de Bals

Sources/ Pour en savoir plus :

> Digital Gallery du Metropolitan Museum of New York

> Gallica ( BNF)

> Histoire de la mode et du costume par James Laver.

>Le Costume Français chez Flammarion, collection Tout l’Art

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