Robe de bal 1912

Afin de participer au bal annuel de l’association de danse  Carnet de Bals, une nouvelle création costume s’est imposée ! Le bal a eu lieu sur une péniche. Nous nous sommes donc retrouvés dansant sur un bateau navigant le long de la Seine et cela …. un siècle jour pour jour après , lors d’une soirée festive qui aurait pu se dérouler sur un navire très célèbre  On ‘appelait l’Insubmersible, pourtant son destin s’est scellé la nuit du 14 avril 1912 lorsqu’il a heurté un iceberg. Avez-vous devinez ? :)

Le thème était donc: tenue de bal pour ces messieurs et ces dames issues précisément de l’année 1912.

Le RMS Titanic

Le RMS Titanic

 

Petit rappel sur la mode féminine de la période 1908-1913  

En guise d’introduction et de présentation du contexte social, culturel et politique : je vous invite à visiter ma page de la Robe de bal 1900 par ici : Robe de Bal 1904. 

La silhouette sublimée d’une femme sortant – telle Vénus des Eaux- de bouillonnées de tissus délicats, dentelle broderie… va peu à peu subir une modification de formes. Le corset en S très inconfortable va laisser place à une silhouette en totale opposition et ce en l’espace de quelque années. C’est vers 1908 que la femme fait évoluer ses codes vestimentaires : les corsages cintrés affinant la taille et les hanches passent de mode.

Le Restaurant élégant par excellence: Le Meurice - 1910

Le Restaurant élégant par excellence: Le Meurice – 1910

De 1908 à 1910. Le souvenir du Directoire et de l’Empire fait marquer la taille très haut. Au-dessous d’elle, la jupe, qui sera de plus en plus étroite, simule parfois une ouverture sur le côté qui évoque les Merveilleuses et leurs audaces. Les manches sont petites et plates. Guipures, filets et soutaches ont la faveur des élégantes pour garnir les corsages.

Les Modes- 1911

Les Modes- 1911

La coiffure savamment bouclée est rassemblée en un large chignon. Par un jeu d’équilibre par rapport à l’étroitesse des jupes, les chapeaux s’élargissent de calotte et de bords. Il s’agrandissent toujours, à tel point que les réclames des premiers films diffusés en salle pour grands publics, recommandent aux femmes d’ôter leurs chapeaux avant de commencer la séance pour ne pas gêner leurs voisins !

La reine Marie entourée de dames, 1911/ Chapeaux de 1912/ Une Elégante au Bois de Boulogne, 1910-12

La reine Marie entourée de dames, 1911/ Chapeaux de 1912/ Une Elégante au Bois de Boulogne, 1910-12

Les tenues sportives pour pratiquer les nouvelles activités, déjà présentes en 1900-1906 se développent encore ( CF article robe de bal 1900)

De 1911 à 1914, sous l’influence de Paul Poiret, déjà responsable du retour aux lignes Premier Empire et qui cherche déjà depuis quelques temps à substituer le drapé flou aux vêtements ajustés, le monde de la mode est bouleversé par l’arrivée des Ballets Russes de Diaghilev, puis par la retentissante fête persane donnée par Paul Poiret en 1911. Le style vestimentaire évolue vers un orientalisme transcendé et un style sultane, sans que ne disparaisse la ligne droite qui va se poursuivre jusqu’au début de la Première guerre mondiale. Les manches kimonos et découpes orientales font le bonheur des couturiers créateurs. Les longs fourreaux se dotent d’une petite traine carrée ou ovale très longue et étriquée comme une queue de poisson. Les manteaux coupés comme de larges kimonos, dérivant de «  Révénena », un modèle crée par Paul Poiret dès 1905 ont la faveur ( Grand rectangle d’étoffe plié en trois avec une ouverture sur le devant et deux fentes pour passer les bras : formant ainsi de multiples drapés.) Les robes du jour blousent, les jupes-culottes apparaissent pour les tenues d’intérieurs. Paul Poiret sonne le glas des roses fanés et des mauves tendres au profit de couleurs flamboyantes qui séduisirent d’emblée. Les dentelles à profusion sont remplacées par des boutons décoratifs et la robe tailleur de ville est divinement coupée.

Photographie de deux sœurs vers 1910/ Les élégante avant-gardistes de mode aux course d'Auteuil, 1912/ Robes de jour 1910 à 1913

Photographie de deux sœurs vers 1910/ Les élégante avant-gardistes de mode aux course d’Auteuil, 1912/ Robes de jour 1910 à 1913

  Paul Poiret , créateur emblématique de la période s’est formé chez les plus grands couturiers dont Charles Frederick Worth. L’imagination débordante, celui qui est en charge des croquis de modèles, propose des formes révolutionnaires qui n’emportent pas l’adhésion de ses collaborateurs. Il décide alors de fonder sa propre maison afin de donner libre cours à ses idées. Par tradition, on lui doit le l’abandon du corset pour les femmes, mais dans un même temps, il ne cessera d’entraver leur jambes…

Paul Poiret s’est affirmé en tant que créateur et non plus comme simple fournisseur. Ses clientes sont des femmes influentes, audacieuses qui ne craignent pas de braver l’opinion.

Photo de Mario Nunes Vais. Déguisements de Paul Poiret ( présent lui même )

Photo de Mario Nunes Vais. Déguisements de Paul Poiret ( présent lui même )

Xréation et influence de Paul Poiret: Manteaux 1912/ Robes vers 1911-12/ Modèles de 1912/ Modèle oriental 1911/ Coiffe de tête à plumes d'aigrettes, 1911/ Robe 1913

Créations et influences de Paul Poiret: Manteaux 1912/ Robes vers 1911-12/ Modèles de 1912/ Modèle oriental 1911/ Coiffe de tête à plumes d’aigrettes, 1911/ Robe 1913

L’année 1913 connut un autre bouleversement : Les cols hauts de guipure et de dentelle légère sont abandonnés pour les fameux décolletés en V. Cette innovation fit beaucoup de bruit : l’Eglise dénonça cette indécence et les médecins ses dangers pour la santé, mais qu’importe : Ce que Femme veut Dieu le suivra ! Enfin, juste avant la guerre : on se met à porter une sorte de tunique évoquant le péplum antique, par-dessus la jupe entravée. Les coiffures à plumes ou turbans ont la faveur lors des soirées.

Maria-Pavlovna-1911/ Les Modes, 1910/ Coiffure vers 1911/Redfern , robe de dinerc. 1909-1911/ Paquin, robe du soir vers 1912

Maria-Pavlovna-1911/ Les Modes, 1910/ Coiffure vers 1911/Redfern , robe de dinerc. 1909-1911/ Paquin, robe du soir vers 1912

 

Les Modes 1910/ Idem 1911/ rOBES VERS 1913/ Le Tango, 1914

Les Modes 1910/ Idem 1911/ Robes du soir vers 1913/ Le Tango, 1914

Les dessous : Après la période des jupons froufroutant, garnis de dentelles à profusion, les robes transparentes, légères et droites ne peuvent s’y adapter. La lingerie est de plus en plus raffinée dans une sobriété élégante : Il y a juste ce qu’il faut au bon endroit de dentelle et ruban. On invente la combinaison-jupon ou combinaison culotte, née de l’alliance du cache corset, du jupon et de la culotte, toujours dans un souci d’économie et moins d’entravements coquets inutiles.

Pour les chaussures : les bottines hautes restent très appréciées ( que l’on ferme à l’aide d’un fermoir à bouton), mais en soirée, les chaussures sont colorées et assorties à la tenue. La mode du sac à main reparait en 1910, accompagnés dans l’autre main de parapluie ou d’ombrelle. L’éventail est à l’oriental ou grands à plumes d’autruches comme sous la période précédente 1900-1908

La nouvelle salle de bal au Hyde Park Hotel, 1912

La nouvelle salle de bal au Hyde Park Hotel, 1912

Pour cette robe de bal 1912, j’avais déjà sans avoir poursuivi plus amplement mes recherches de formes : une idée très arrêtée sur la silhouette finale que je voulais créer. Il était hors de question que je prenne une robe historique, copiant le modèle et hop l’on s’en contentera…J’ai donc longtemps, très longtemps cherché, documenté les différentes formes et coupes des robes de bal de cette période historique. Le produit final est un composite des coupes, matières et  couleurs qui ensemble ont mis en valeur ma morphologie en privilégiant obligatoirement  le côté pratique pour danser. Noir et blanc ? Ce duo mythique s’est imposé à moi car je cherchais avant tout une sobriété efficace et élégante pour cette robe.

Aucun patron de base ! Je suis donc partie entièrement par voie de moulage avec un défi supplémentaire: la jupe fuselée que j’ai tenu à faire car c’est la ligne d’époque. Mais  sachant qu’elle risquait de me gêner pour les danses d’époque, j’ai triché en y ajoutant des élastiques au niveau des genoux. Le bonheur de pouvoir danser une valse sans être étriquée et en restant élégante ! Pour parfaire la ligne basse de la sur-robe péplum ( au goût nouveau du retour au directoire) , je me suis inspirée de motifs arts nouveaux en créant cette broderie de sequins noire.

La robe a parfaitement bien résisté aux danses cependant, le très beau satin de soie en noir et blanc (dont est entièrement composée ma robe)  est  très facilement chiffonable d’où ces lignes disgracieuses sur les photos suite au trajet en voiture .

 

ma 1912

Crédits photos : Fanny Wilk, O-Negatix

 Sources/ Pour en savoir plus :

> Galeries en ligne du Metropolitan Museum of New York.

>Wikimediacommuns

>Histoire du costume en occident, des origines à nos jours par François Boucher

>Le Costume Français chez Flammarion, collection Tout l’Art.

>Histoire de la mode et du costume par James Laver

>V&A’s collections

> Gallica ( bnf en ligne)

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3 réflexions sur “Robe de bal 1912

  1. Pernin Gessy dit :

    Je vous remercie pour cette belle histoire 1912…. j’ai lu vos notes avec attention, vraiment c’est un plaisir de vous lire… Bonne continuation, Cordialement. Gessy

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