Robe de bal 1865 rose poudré

Pour le grand bal de printemps de notre association Carnet de Bal, Je me suis une nouvelle fois basée sur une silhouette évoquant plutôt la deuxième période du règne des crinolines car je trouve la cage elliptique plus élégante et se mouvant d’une façon très originale, surtout lorsque l’on valse ou l’on  danse un quadrille.

Petite présentation du costume à cette époque:

  Histoires du vêtement féminin sous le Second Empire:

La seconde moitié du XIXe siècle est marquée en Europe, par le triomphe de la bourgeoisie. Sous Napoléon II, une foule de nouveaux riches – banquiers et industriels- étalent avec ostentation leur fortune et leur réussite sociale. Le commerce fleurit et l’on voit apparaitre, dans l‘architecture et la décoration intérieur, un style surchargé et hétéroclite caractéristique de la période : salons nordiques, boudoir rococo, fumoir oriental, profusion de poufs tentures et rideaux.

Cette prospérité se manifeste également dans la toilette féminine. Au début de la période, les femmes pour chercher à créer une silhouette sablier, se compriment fortement la taille par des corsets épousant les formes sinueuse à la mode, ainsi que plusieurs couches de vêtements. Depuis le début des années 1820, les élégantes cherchent ainsi à gonfler le volume de leur jupe, créant une illusion d’optique destiné à affiner la taille. Pour achever ce processus, plusieurs couches de jupons (dont les premiers étaient cordés) au nombre de six ou sept  sont nécessaires. Peu commodes, ils seront remplacés dans un premier temps par la crinoline ( à l’origine : tissu de crin et de lin très rigide) puis par la jupe à cerceaux en 1855 . A l’imagine de ces coupoles qui ornent les étages supérieurs de ces magasins de nouveautés tel le Bon Marché, les femmes vont porter sous leur jupe cette structure faite de cerceaux d’aciers horizontaux, tenus par des rubans : les bolducs. On peut y voir une réminiscence lointaine des paniers à cerceaux d’osier du XVIIIème siècle.

Crinoline 1865 Angleterre- brevets de crinolines, Allemagne 1856- crinoline elliptique ou projetée 1865- Manufacture de crino

Crinoline 1865 Angleterre/ Brevets de crinolines, Allemagne 1856-/ Crinoline elliptique ou projetée 1865- Manufacture de crinolines vers 1867/ Modèles de crinolines de 1860

Les femmes sont libres de remuer leur jambe sous cette cage et de ne plus subir les contraintes d’une succession de jupon créant un poids considérable et une chaleur étouffante l’été. Cette nouvelle cage offerte aux caprices du vent obligea bientôt les femmes à porter des « Tuyaux de modestie » ( petits pantalon de baptistes ou de coton descendants sous le genou) réservés alors aux petites filles en hu)es courte . Jusqu’aux années 1866-1867, le crinoline ne cesse de gonfler pour atteindre des proportions immenses, obligeant les hommes à se tenir à l’écart de leur épouses, ou leur céder le trottoir entier pour progresser dans les rues. La crinoline eut ses détracteurs : de nombreux caricaturistes se prennent à cet engin incongru, mais aussi ses admirateurs comme Théophile Gautier : «  La crinoline pare la femme d’une incomparable majesté. Les femmes font bien de préférer ces jupes amples étoffées, puissantes aux étroits fourreaux où s’engainaient leurs mères et grands-mères. »

Caricatures de la crinoline, gravures anglaises, années 1850

Caricatures de la crinoline, gravures anglaises, années 1850

De nombreuses toilettes sont adaptées aux différentes activités de la journée fleurirent : la robe du matin en déshabillé ;  la robe du jour fermée jusqu’au cou par modestie (surmontée d’une capote pour protéger la tête)  ; la robe de diner ou théâtre légèrement décolleté, sachant que le grand décolleté et l’ampleur de crinoline le plus conséquente étaient réservés uniquement aux bals. Les épouses, pour éviter à leurs maris de trop grandes dépenses, possédaient également  des « robes à transformations » On s’habillait le matin d’un corsage montant pour la journée assorti à sa jupe et l’on ne changeait pour le diner voir le bal que le corsage supérieur. Les corsages sont garnis, de guimpes et de berthes, sorte de grand col qui est support de toutes les fantaisies décoratives.

Dame américaine vers 1858/ Robe à transformation 1856

Dame américaine vers 1858/ Robe à transformation 1856

Les corsages accentuent  les épaules rondes et généreuses en même temps de faire la taille fine (accentuée optiquement  par cette pointe frontale) . Les robes de jour en tartan, coton et lainages, laissent place aux majestueuses robes de bal, faites de tulle de soie, de mousselines délicates encadrées de fleurs et de diamants.

Le moniteur de la mode, 1855/ L'impératrice Eugénie de dos par E. Disderi 1858-/ Femme à la capotte, usa 1857

Le moniteur de la mode, 1855/ L’impératrice Eugénie de dos par E. Disderi 1858-/ Femme à la capotte, usa 1857

 Il est très  fréquent à cette époque, qu’une robe de bal ne dure pas plus le temps d’une soirée. Ces tissus de soie délicats ne résistaient pas aux bottines des danseurs de quadrille et autres salissures Mais qu’importe, la femme affichait  ainsi son statut social, car pouvant se permettre de  renouveler sa garde-robe très régulièrement.

Coiffures de bal 1863/  Robe de jour vers 1860/ Robes de jour vers 1863 / Eugénie sur la Mer de Glace, gravure anonyme de 1860

Coiffures de bal 1863/ Robe de jour vers 1860/ Robes de jour vers 1863 / Eugénie sur la Mer de Glace, gravure anonyme de 1860

Les amples cages permettent d’étaler avec ostentation d’immenses châles en cashmere ou en dentelle de chantilly raffinée.

L’impératrice Eugénie devint la reine de toutes ces élégances et encouragea le port de la crinoline. A tel point qu’elle avait fait installer dans une de ses résidences impériales, un ascenseur  permettant de descendre de sa gare robe à l’étage supérieur, sans froisser son précieux chargement.

L'impératrice Eugénie et ses dames du Palais, 1855 F.X Winterhalter

L’impératrice Eugénie et ses dames du Palais, 1855 F.X Winterhalter

La vogue de ces robes à crinoline dura environ une quinzaine d’années. Le volume devenu extravagant  en 1866 grâce aux crinolines elliptiques porteuse de larges jupes à traine, céda sa place aux crinolinettes – sorte de petites crinolines très étroites- , pour finalement disparaitre au profit des tournures et leurs splendides drapés, tous concentrés désormais à l’arrière.

Robe américaine vers 1867-69_Victoria princesse royale vers 1858_Thérèse Degas en 1863 par Degas_ La Castiglione vers 1865, cél

Robe américaine vers 1867-69/ Victoria princesse royale vers 1858/ Thérèse Degas en 1863 par Degas_/ La Castiglione vers 1865, célèbre maitresse de Naopléon III

Ma robe est composée d’une grande jupe à traîne garnie de bandes frangées sur deux hauteurs. On retrouve en rappel ces bandes frangées sur le corsage, fixées sur une berthe garnie d’une dentelle d’époque et sur les manches au-dessus de bouillonnés de tulle. J’ai choisi pour cette fois ci une rosette de devant de corsage, cette zone offre de multiples possibilités de décorations ! Le tout porté sur mes dessous que j’ai également conservé de mon précédent projet et datant de la période : corset, jupons, cage-crinoline…

Sous vêtements: Corset 1865 sur mesures : coutil couleur chair à motifs mouchetés et ses fameuse abeilles en fil de soie noire. Crinoline projetée

Sous vêtements: Corset 1865 sur mesures : coutil couleur chair à motifs mouchetés et ses fameuse abeilles en fil de soie noire. Crinoline projetée

Le tissu que j’ai choisi s’est avéré particulièrement adapté à ce type de robe ! Un voile de coton finement rayé de rose et blanc, qui de loin crée des effets de couleurs douces et un effet dynamique tout en prolongeant la silhouette lors d’une dance. Sa légèreté m’a permis de danser avec la sensation de flotter. Il est très agréable de se sentir libéré du poids des très longs métrages utilisés pour ce type de robe.

Au château de Maison-Lafitte juste avant le bal

Au château de Maison-Lafitte juste avant le bal

Je me suis inspirée de robes existantes et de gravure d’époque. Pour le premier port de ce costume, j’ai réalisé une coiffure à la « Xérès » pour fêter l’arrivée de l’été ! Des bandeaux typiques des périodes montés sur des couronnes de tresses et garnies de fleurs et de rubans.

J’ai eu l’occasion en ce mois de juin 2015, un an tout juste après la création de cette robe: de revenir dessus afin de l’embellir et de changer la coiffure pour un second bal.

Lors du second bal aux Invalides. Je porte ici mon châle ancien datant du Second Empire

Lors du second bal aux Invalides. Je porte ici mon châle ancien datant du Second Empire

Nouvelles ornementations du corsage

Nouvelles ornementations du corsage

Crédits photos :   Luc Morel, Marie-Laure Colomban

 Sources/ Pour en savoir plus :

> Je ne suis pas jolie, je suis pire- Souvenirs 1859-1871 de la Princesse de Metternich.

> Galeries en ligne du Metropolitan Museum of New York.

> Encyclopédie Universalis en ligne

>Wikimediacommuns

>Histoire du costume en occident, des origines à nos jours par François Boucher

>Le Costume Français chez Flammarion, collection Tout l’Art.

>Histoire de la mode et du costume par James Laver

>V&A’s collections

> Gallica ( BNF en ligne)

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