Robe de cour XVIIème siècle

Costume porté à  l’occasion de la Journée Grand Siècle organisée par le superbe château de Vaux le Vicomte. Cet édifice est célèbre pour avoir été l’inspiration architecturale de Versailles. Afin de célébrer le centenaire de la naissance de son illustre propriétaire Nicolas Fouquet en 1615, le château a organisé une journée à thème XVIIème siècle.

Le château, bâti par le sur intendant des fiances d’alors: Nicolas Fouquet, reflète la puissance et la magnificence de son propriétaire. Nicolas Fouquet ( 1615- 1680) personnage brillant, séducteur et ambitieux, à l’intelligence aiguisée et aux multiples talents, suscita admiration et détestation. Ce ministre fastueux, accusé d’avoir puisé dans les caisses de l’État, ne pouvait que se heurter à l’autorité naissante du jeune Louis XIV.

Nicolas Fouquet organise le mercredi 17 août 1661 une somptueuse fête pour inaugurer sa demeure et faire ses hommage au tout jeune roi Louis XIV en lui offrant les divertissements les plus variés et les plus somptueux.

Gravure du XVIIème siècle

Rencontre entre les époux Fouquet et la suite royale. Exposition temporaire de 2012 au château de Vaux le Vicomte.

Vue des jardins depuis le lanternon

Jean de la Fontaine rapportera à  son ami M. de Maucroix, dans une lettre du 22 août 1661 : «Tout combattit à Vaux pour le plaisir du roi, La musique, les eaux, les lustres, les étoiles.»

Ces dames et  messieurs de la cour sont parés admirablement et composent la suite brillante de Louis XIV et sa mère la régente Anne d’Autriche . Tous affirment leurs rangs et font honneur aux somptueux divertissements organisés par le sur-intendant des finances et son maître d’hôtel François Vatel, tristement connu pour sa fin tragique.

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Historique du costume de cour sous le RÈGNE du Roi Soleil.

Nous pouvons subdiviser l’évolution du costume en trois grandes périodes qui correspondent aussi aux trois grandes phases du règne de Louis XIV: 1645>1660/ 1660>1670/ 1670>1715

Au sein de la cour de Versailles,  il y a peu de différences entre le costume « quotidien » et la tenue d’apparat qu’était la robe de cour. On trouvera la mention plus tard de Louis XIV qui tentera d’empêcher les femmes de son entourage de porter la mantua venue d’Angleterre, robe drapée moins formelle. Les courtisans se devaient d’apparaître pour assurer la magnificence de la cour Française par rapport aux autre cours d’Europe.

Petit aparté concernant les sources et documents visuels: Quelque soit la période étudiée, il faut prendre garde de vouloir faire une histoire du costume en considérant les tableaux ou gravures comme la stricte vérité. Comme aujourd’hui avec Photoshop: les peintres arrangeaient leurs œuvres de manière à ce que les commanditaires soient flattés. Aussi bien au niveau des traits que du vêtir : des libertés ont été prises. Il ne faut pas croire que les dames à la cour de Louis XIV se promenaient à moitié déshabillées telles quelles posent dans leur portrait. Il faut voir ici ce goût de l’Antique dans les drapés, voiles et sur-manteaux volumineux. Néenmoins, les gravures – qui permettaient à la noble dame de province de suivre la mode de Paris- restent une source fiables pour retrouver les coupes et les goûts textiles des années décrites. Couplées aux tableaux pour retrouver les matières, coloris, coiffure etc… Ils restent une source fiable mais qui doit être croisée avec d’autres ( comme des descriptions manuscrites ou rapports de la Gazette, journal de la cour)   >> Je vous recommande chaudement la lecture des Lettres de Madame de Sévigné et de La princesse Palatine à ce sujet.

Revenons à notre chronologie: 

Je ne vais pas trop traiter du costume sous Louis XIII qui rendrait cet article beaucoup trop long. Mentionnons simplement que ce costume découle de la mode espagnole qui durant la seconde moitié du XVI ème siècle,  a donné le ton à toutes les cours d’Europe. Cette influence persistera au début du XVIIème mais en s’assouplissant. Les gravures d’Abraham Bosse nous offrent un très bon aperçu de cette mode particulièrement seyante pour les hommes. Je vais à présent vous présenter une histoire du costume en ce milieu du XVIIème siècle de manière la plus précise possible.

Suite aux excès de la noblesse qui abusait d’accessoires, d’étoffes somptueuses et se ruinant pour les acquérir, Richelieu avait établi un édit contre ce luxe en 1625, ce qui permit aussi de protéger le commerce national des importations de Hollande. Aussitôt après la mort du ministre, on se hâta de réutiliser dentelles, toiles d’or ou d’argent. Son successeur Mazarin tente à nouveau en 1644 de réfrener cette opulence par de nouveaux édits. C’est alors que les galants, coques de rubans utilisés uniquement dans la coiffure , descendent et recouvrent progressivement tout le vêtement jusqu’à la fin du règne. En 1656, on comptait jusqu’à « six cent galants » par habits.

Concernant les Brocarts et passements d’or et d’argent, Louis XIV se montra irréductible: à partir de 1664 et pendant quarante ans, il fut rigoureusement interdit de porter ces matières sans un brevet signé du roi.Seuls les membres de la famille royale avaient l’autorisation d’en porter systématiquement.  Ces vêtements porteurs de brocarts, d’argent et d’or doublés de rouge se sont appelés justaucorps à brevets. Le nombre de privilégiés y ayant droit était très limité en nombre et ne s’accroissait pas dans le temps. Une plus grande simplicité fut de mise à partir de 1677 dans le vêtement masculin: moins d’étoffes riches, plus de drap fabriqué en France pour concurrencer les drapiers anglais et hollandais. Le roi donnait l’exemple quelque fut le choix de sa politique vestimentaire. On retrouva toutefois entre 1697 et 1715 une recrudescence du luxe et l’usage  de l’or et de l’argent se répandit pour quelques fonctionnaires et nobles de hautes lignée.

* 1645>1660/ Jeunesse de Louis XIV

Le costume masculin: Les hommes portent le pourpoint court fendu devant et aux manches. Le jabot de dentelle orne le cou. Les anciennes hauts de chausses deviennent la rhingrave: de modeste volume au début, c’est une sorte de jupe culotte – portée sur une culotte bouffante de toile de coton – originaire probablement de la Hollande. Les galants: coques de nœuds que nous avons décris plus haut ornent cette rhingrave. La tenue est complétée d’une large cape drapée sur l’époque issue de la période précédente; de bottes ornés de canons entonnoirs ( glissés dans la botte) avec un revers très épanoui. Les souliers de ville à petit talon et bouts carrés adoptent de très grands nœuds. Les hommes arborent leur chevelure naturelle longue coiffée d’un chapeau de feutre à large bords et haute calotte.

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Noble gentilhomme , gravure d’A.Bosse vers 1635/ Charles II dansant à la cour (détail) vers 1655 / Prince Rupert, cousin de Charles II par Gerrit van Honthorst, 1640/ Portrait d’un jeune homme par Gerard ter Borch vers 1660

Le costume féminin: Les femmes portent sur une chemise ample un corps baleiné avec un busc rigidifiant le milieu devant. Le corps de jupe ( corsage) décolleté très profond doté ou non de basques à la ceintures ( petites pièces allongées pour fixer dessus jupons et jupes) Le décolleté par pudeur est voilé ou orné d’un grand col rabattus de dentelle. Les manches sont larges et se resserrent en plis sur l’avant bras. Trois jupes sont portés à cette époque, dans l’ordre:  au dessus La Modeste que tout le monde pouvait voir,puis la Friponne qui se devinait parfois au moment de franchir un trottoir et enfin et la Secrète, que seuls les femmes de chambre, maris et les amants pouvaient voir. Cette succession de jupes se conservera jusqu’en 1670 environ. La coiffure des femmes consiste en un chignon bas à sommet arrière de la tête, encadré devant par des bouffons ( larges boucles longues et éparses, qui deviendront les serpenteaux par la suite)

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Noble dame, gravure de Abraham Bosse, vers 1630/ Dame inconnue par Gheeraerts 1620/ Anne Bude par A.Bosse, 1646/ Ecole Néerlandaise , début XVIIème siècle

Les couleurs des vêtements sont vives,( exceptés les pays protestants à rigueur morale ) les pièces du vêtement peuvent parfois être de différente couleur. Les étoffes sont somptueuses: on utilise des velours, satins, moires, brocarts d’argent et d’ors, mais aussi des matières plus « sobres »: les draps de Hollandes, la brocatelle (étoffe de soie à petit motifs), le coton, et la férandine ( coton et soie).

* 1660> 1670 / Apogée du baroque

Le costume masculin: On trouve un équilibre subtil  entre aspect négligé et recherche d’élégance, de préciosité. La chemise très bouffante à la taille et aux manches, accompagnée parfois d’une camisole pour avoir chaud l’hiver, composent les sous-vêtements. Le pourpoint est réduit au minimum et ressemble à un petit boléro. Il réduit la carrure et crée un engoncement. Les manches courtes sont fendues et garnis de très nombreux galants.La culotte bouffante devient plus ou moins visible selon la hauteur des rhingraves. Vers 1670, celle ci s’orne d’un volant dans la partie basse. Les larges canons de dentelle subsistent mais portés ici avec des souliers: les bottes étant passées de mode à la cour. Des bas unis de laine ou de soie recouvrent les jambes sont roulés sur les genoux.

Les hommes portent la cravate au cou. Utilisée à l’origine par les soldats pour se protéger du froid. A cette époque, des soldats croates sont recrutés par le roi de France ; ils portent à leur cou un foulard noué. On pense d’ailleurs que le mot cravate serait une déformation du mot croate.

La justaucorps à brevet cité plus haut fait son apparition pendant cette période. On porte l’épée au coté;  le baudrier, large bande d’étoffe frangée et bordé de soie  passait par dessus une écharpe de soie nouée à la taille. On porte la cape drapée sur l’épaule gauche pour rendre visible l’épée, le baudrier, les canons et autres frivolités du costume. Le manteau quand à lui devient un vêtement d’apparat luxueusement décoré parfois long jusqu’au sol. Le chapeau est large, de calotte plus basse et ornée d’un grand panache de plume. A la cour, on en le porte plus sur la tête mais à la main, ce qui devait être très encombrant .  Enfin pour la coiffure: les cheveux frisés naturels se porteront suivant le monarque jusqu’en 1665 environ, date à lequel ils seront remplacés par de lourdes perruques frisées, faites de cheveux humains et de crin de cheval pour le maintien. Louis XIV a en effet perdu peu à peu sa magnifique chevelure des suite d’une fièvre typhoïde qui faillit l’emporter.Ces perruques poudrées françaises seront exportés dans toute l’Europe, étant d’une très grande qualité et d’un réalisme très apprécié.

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Portrait de Louis XIV avec sa chevelure naturelle, gravure de Robert Nanteuil 1664/ Illustation d’après une gravure de Maurice Leloir: costume de 1660/ Louis XIV suivi du Grand Dauphin passant à cheval devant la grotte de Thétys à Versailles, anonyme vers 1680/ Fidèle reproduction du costume masculin. Costume pour les Précieuses Ridicule, comédie de Molière donnée à la comédie française en 1993, costumes de Louis Bercut.

On note les différences du costume entre les français à gauche portant tous la rhingrave, contrastant avec la sobriété du costume espagnol à droite. L’infante revet le large » garde-infant », grand panier espagnol. Rencontre de Louis XIV et de Philippe IV, peinture de Charles Lebrun 1660.

Le costume féminin: Les tenues iront vers de plus en plus d’apparat et de rigidité. Les dames resplendissent dans des matières plus nobles les unes que les autres et recouvertes de pierres précieuses. La chemise est toujours bouffante avec davantage de dentelle aux cols et saignées du coude.Le corps à baleine devient de plus en plus rigide et rejette les épaules en arrière.

La robe se compose du corps de jupe ( corsage) ouvert par un large décolleté bateau agrémenté de voiles plissés ou rangs de perles. Les manches sont courtes, ballonnées, fendues sur la chemise bouffante. Les jupes sont soutenues par une succession de jupons. On retrouve les trois jupes de l’époque précédente ( Modeste, Friponne et Secrète) souvent en taffetas brodés. La jupe supérieur s’allonge en une longue traîne ,se  fende au milieu devant et est retenue bouffante sur les cotés par des galants ou des faveurs ( nœuds ou bijoux) .On la nomme à présent manteau de robe.

Couple vers 1660, source inconnu/ Portrait d'Henriette d'Angleterre, susnommée

Couple vers 1660, source inconnu/ Portrait d’Henriette d’Angleterre, susnommée « Minette » à la cour de France, vers 1660/Portrait de Johannes Mijtens, Jacoba van Orliens, vers 1660/Portrait de Marie-Anne Mancini par Egmont, 1654

La longueur des traînes est très réglementée par les édits somptuaires. Le rang à la cour est primordial. Plus la traîne était longue-  le plus souvent en en damas ou brochée-  plus vous étiez de haut rang. Les longueurs codifiés étaient les suivantes: 1 aunes= environ 1.88mètres. J’ai trouvé ces informations exceptionnelles qui nous donnent une idée de l’importance du rang à tenir à la cour:

**Traîne de la reine: 9 aunes( un peu plus de 9 de nos mètres) . Plus tard 11 aunes après la création du rang de Petite Fille de France)

** Filles de France: 7 aunes( Plus tard: 9 après la création du rang de Petite Fille de France)

**Petite Fille de France: 7 aunes ( Le rang fut crée pour les filles de Gaston, duc d’Orléans, frère de Louis XIII, afin d’offrir les même prérogatives et honneurs dues aux Filles de France)

**Princesse du Sang: 5 aunes

**Duchesses: Les sources varient entre 5, 4 et 3 aunes

** Autres dames de la cour: longueurs indéfinies, sachant que le minimum était de 1 aunes. A noter que  Le mot traîne n’est pas utilisé au XVIIIe siècle, que ce soit pour le vêtement masculin ou féminin. Queue de jupe désigne la traîne amovible du grand habit féminin

A l’occasion de grands deuils, même la longueur des  voiles noirs étaient réglementés ! Madame de Crecy , ancienne dame d’honneur puis duchesse décrit dans ses mémoires: « La Fille de France porte un voile de 14 aunes, la duchesse quand à elle 36 « pieds de roi ». Le port d’aussi longues pièces textiles devaient être fortement contraignantes, surtout lors de déplacements au sein d’un groupe de personnes. .

Dames de la cour de Louis XIV Gravure. Almanach de Versailles pour l'année 1665.

Dames de la cour de Louis XIV Gravure. Almanach de Versailles pour l’année 1665.

Reprenons la suite de notre costume féminin: Sous jupe et corsage se garnissent de galons, eux même rebrodés de pierreries. Pierreries qui se retrouvent également dans la coiffure avec les rangs de perles encadrant les chignons. Les coiffures fort sages de 1660 avec la frisure à la « Sévigné », deviennent de véritables œuvres d’art, allant au gré des tendances. La mode de « la frisure à la Sévigné » fut supplantée par l’« Hurluberlu »ou  » l’Hurlupée » ( cependant au vus du peu de référence visuelles, on peut penser que cette mode ne dura pas), puis ce fut le tour de la coiffure « à la Fontanges ». La « Sévigné » consistait à se faire des boucles à l’anglaise et des frisures sur le front. L’« Hurluberlu » par contre exigeait un grand sacrifice de la part des galantes de l’époque, puisque fallait couper les cheveux de chaque côté du visage et d’étages en étages dont on faisait de grosses boucles rondes. La coiffure terminée, on s’enveloppait la tête avec une pièce de crêpe ou de taffetas que l’on surnommait la coiffe. Cette coiffe se devait d’être assortie au reste de la toilette, ou bien être noire pour les veuves. Dans ce cas, elle se nommait « les ténèbres ». Parfois Par-dessus la coiffe, on posait deux cornettes, l’une faite de gaze et l’autre de soie (Les « barbes pendantes » sont deux tissus qui descendent du sommet de la coiffe, traditionnelle chez les femmes mariées). Le maquillage restera jusqu’à la fin du règne et au de la même: le teint très blanc obtenue à l’aide du blanc de céruse: produit hautement toxique composé de plombs, accompagné de lèvres et joues rosées. Déjà sous Louis XIII, les femmes sortaient avc un masque de velours noir sur le visage pour se protéger la peau.

Coiffures

Coiffures: Princesse Sophie Palatine vers 1660/ Dame vers 1665/ Madame de Sévigné vers 1659

Le temps du deuil Madmae de sévigné date et auteur inconnu, probablement vers 1655 et reine Elisabeth 1650

Le temps du deuil Madame de Sévigné, date et auteur inconnu, probablement vers 1655/ Portrait de la reine Elisabeth 1650.

Les gants sont fabriqués en Espagne .Ces derniers se devaient d’être fendus sur la main, ornés de dentelle d’or et devaient avoir été fabriqués dans les trois royaumes : la peau en Espagne, la taille en France et les coutures en Angleterre. Qu’ils soient féminins ou masculins sont fortement parfumés  » On devinait l’arrivée de Monsieur mon époux trois à quatre salons en avance de par ses fortes senteurs » dira Madame, princesse Palatine.

Corsage 1660 de Claydon House, Angleterre et patron de son équivalent dessiné d'après un corsage allemand.

Corsage 1660 de Claydon House, Angleterre et patron de son équivalent dessiné d’après un corsage allemand.

> Les maîtresses de Louis XIV ont une forte influence sur  la mode à la cour. Ainsi, Madame de Montespan lancera la robe pour femme enceinte afin de cacher ses nombreuses grossesses royales. Une robe longue et sans ceinture que l’on appelait  l’innocente . En parallèle, les robes d’amazones sont façonnées de manière à ressembler aux tenues masculine. Ce rapprochement se maintiendra jusqu’à la fin du XIXème siècle.

Les écharpes de taffetas garnie de dentelles protégeaient de la pluie, Les manchons eux se portaient par temps froid. On en trouvait en satin, en peluche ou, plus souvent en fourrure. Rue Dauphine à Paris, se trouvait la Boutique du grand monarque. C’est là que les grandes dames de la cour se fournissaient en petits manchons en fourrure de chat, de chien gris, de castor, de loutre, voire de léopard. Le summum de la mode était de tenir caché un petit chien qui devait passer son museau sur le côté du manchon.

Je ne résiste pas à l’envie de citer Elisabeth Charlotte d’Orléans, fille d’un prince Électeur Allemand, venue en France pour épouser Monsieur: Philippe d’Orléans frère de Louis XIV. Elle écrit le 14 décembre 1676:  » Le roi me témoigne chaque jour plus de faveur(…). Cela fait que je suis actuellement très à la mode, et que, quoi que je dise, quoi que je fasse, que ce soit bien ou mal, les courtisans m’admirent. C’est à tel point que m’étant avisé, par ce temps froid, de mettre ma vieille zibeline pour avoir plus chaud au cou, chacun s’en est fait faire une sur ce patron, et c’est maintenant la très grande mode. Cela me fait bien rire, car ces gens qui aujourd’hui admirent tant cette mode et la portent, sont précisément les mêmes qui, il y a cinq ans se moquèrent si fort de moi et de ma zibeline que , depuis ce temps, je n’osai plus la mettre ».

Tenues d'amazone

Tenues d’amazone: Anna Maria Louisa de Medici,c. 1695 par Jan Frans van Douven/ Gravure de mode vers 1690

Les textiles sont riches, denses et très colorés, bien plus encore que sous la période précédente  » paille, jaune, bleu ciel, chair et aurore » ont la préférence. Étoffes d’or et d’argent pour les nantis, Damas, taffetas de soie, velours, feutre…

* 1670> 1715 / Déclin du règne et étriquement de la silhouette

La fin de règne du grand roi soleil serait plutôt à placer sous le signe de la lune: Hivers rigoureux, famines, guerres désastreuses, deuils en cascade dans la famille du roi etc…Paradoxalement, on assiste à un alourdissement de la silhouette, notamment chez la femme qui croule sous les passementeries, falbalas et autres colifichets. Serais-ce pour oublier ces temps lugubres ?

Le costume masculin: Le justaucorps fait son apparition et viendra petit à petit remplacer le pourpoint, descendant sous les genoux, cachant par la même complètement la culotte bouffante.  Porté entièrement boutonné ou en partie, il possède une partie jupe flottante – qui s’étoffera de manière significative à la toute fin du règne et toujours plus sous la Régence- avec deux à quatre poches verticales puis horizontales. On retrouve de nouvelles découpes et fentes qui servent pour l’équitation. Les manches ont des parements immenses à revers qui deviendront pagodes. Plus on avance dans le siècle, plus la haut du justaucorps est ouvert pour laisser apparaître la cravate.  Sous le justaucorps vient la veste: sorte de gilet à manche très ajusté et richement brodé. On porte la chemise beaucoup moins bouffante qui disparaît pratiquement sous les vêtements de dessus. La casaque large apparu dans les années 1675 se dotera de plis et de boutons sur les coté: elle évoluera vers l’habit.

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Le roi et sa famille, Almanach de Versailles 1684/ Portrait de Sir Edward Turner 1672/ Détail de  » Réparation faite à Louis XIV par le doge de Gênes Francesco Maria Lercari Imperiale, » le 15 mai 1685 par Claude Guy-Hallé/ Portrait de Anton III van Stampart/ 1705

On pourrait voir dans cette évolution l’influence de la mode turque et de ses longues tuniques.On pense à l’ambassade reçue à Paris et ridiculisée par Molière et Lully dans le Bourgeois Gentilhomme. L’Angleterre s’enticha fortement de cette vague d’orientalisme. En France, ce type d’influence étrangère est très mal vue bien qu’elle ne se soit déjà manifesté dès 1662 chez quelques nobles. Les incartades vestimentaires du souverain anglais Charles II agace Louis XIV qui maintient vouloir rester seul maître des élégances en Europe. Les galants, rubans qui ont tant proliférés disparaissent alors complètement du vêtement masculin. La rhingrave elle disparaît vers 1678 remplacée par la culotte courte. Les nombreuses campagnes militaires font intégrer au costume civil des éléments du combattant: ce sont les brandebourgs et la cravate par exemple.

Les culottes sont courtes , ajustées et invisibles. Tenues par des jarretières aux genoux. Les bas sont les mêmes que la période précédente à quelques détails près.

Le col tombant amidonné fait place au jabot de dentelle plus souple encadré parfois d’un très large nœud rouge.On porte également en alternance la cravate ou un fin col de baptiste.  L’écharpe à frange va totalement disparaître au profit du baudrier: on porte toujours l’épée. Les chapeaux sont hauts, larges et empanachés de plumes d’autruche. Les bords se relèveront petits à petits vers le centre et donneront naissance au tricorne du XVIIIème siècle.

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Louis XIV au siège de Besançon par Adam Frans van der Meulen 21674/ Le professeur et son élève ( détail) par Nicolas De Largilliere, 1685/ Matthew Prior. Simon Belle, ca. 1705

Plus de deux cents perruquiers ont élus domicile à Versailles tant la demande est forte. En 1690, la perruque devient si volumineuse et si lourde que l’on finit par se raser la tête complètement pour des raisons d’hygiène et de respiration du cuir chevelu. En privé le matin, les hommes se coiffent d’un bonnet à l’oriental . En France les perruques brunes puis blond-doré et roux sont les plus prisées. Le volume se développe vers le haut divisé ( en deux pointes . Ce sont les perruques dite in-folio. Il finit par grandir la personne de plus de 20 cm ! Les femmes suivront ce mouvement d’extension avec la coiffure à la Fontange.

Perruque In Folio en 1715 et perruques à venir sous la Régence plus courtes. Gravure de Maurice Leloir, XIXème siècle

Le costume féminin: Vers la fin de règne de Louis XIV, deux grandes tenues vont se partager les faveurs des courtisans: la robe d’apparat favorisée par Louis XIV dont les formes ont été déterminées et qui évoluera peu; et la mantua venue d’Angleterre: robe drapée plus confortable mais restant étriquée au niveau du buste.

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Gravure de Bonnard

Concernant les sous vêtements: le corps à baleine devient visible sur lequel vient s’ajuster la mantua. Il s’orne alors de riches broderies sur le devant. On y ajoute des découpes latérales pour mieux épouser les courbes féminines: la silhouette s’étrique d’autant plus et donne un air guidé aux femmes.La criarde, demi jupon de crin ou de toile gommée fait son apparition vers 1690: sorte de petite tournure soutiennent le volume des plis à l’arrière, son nom vient du bruit qu’elle produit étant portée.

La robe de cour tient toujours le haut du pavé et est favorisée par le roi. Jusqu’en 1690 environ, la structure reste sensiblement la même que la période précédente: Corsage baleiné porté sur un corps à baleines rigide, décolleté bateau, succession de jupes retenues bouffantes sur les cotés par les faveurs….De petites évolutions entre 1670 et 1680 sont notables: le corsage tend à se charger d’avantage de pierreries et de galons, les petites manches bouffantes raccourcissent fortement pour se transformer en manchettes plates ornées de galons et pierres. la jupe retenue bouffante est repliée au milieu dos par deux grands plis plats.  La chemise légèrement bouffante descends au coude et vas se charger petit à petit de mètres et mètres de dentelles, véritables marqueurs du rang de sa porteuse. Les sous jupes plus amplement découvertes par les nouveaux plis du manteau de jupe , vont se surcharger de falbalas, d’étagements de galons, de franges, de découpures appelés prétintailles, de frises, de lambrequins etc…..Toutes ces chamarrures alourdissent considérablement la jupe et la silhouette en général.

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Archiduchesse d’Autriche par C. Weigel vers 1680/ Contessa Giustina Colonna Riccati par Sebastiano Bombelli, 1674/ Almanach de France, 1675/ Gravure de M.Leloir début XIXème siècle illustrant les modes des années 1680

La robe de cour restera robe d’apparat avec peu d’évolution jusqu’aux années 1770s, elle évoluera en ce sens qu’elle arbora toutes les chamarrures décrites plus loin et s’inspirera des plis du dos de la mantua de la même façon.

En parallèle, les femmes arborent les négligés et déshabillés de façon plus fréquente à partir de 1672. Portés avec un tablier, un laisse tout faire: il y avait le déshabillé d’été, le déshabillé d’hiver avec sa fameuse palatine de fourrure décrite plus haut et un manchon de fourrure.

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Portrait d’une noble dame anglaise vers 1700/ Portrait de Marie-Thérèse de Bourbon-Condé, Mademoiselle de Bourbon,1682/ Gravurede N. Arnoult 1694et 1690/ Gravure d’A.Trouvain 1694

La Mantua est une robe venue d’Angleterre qui eut un succès considérable. De coupe fort simple, elle venait reposer en large plis autour du buste fixée grâce à des épingles sur le corps baleiné.  Bijoux , échelle de rubans ( rubans de taille décroissante), laçage, broderie.. viennent agrémenter le milieu frontal. Les manches courtes ou demi courtes se prolongent parfois par des manchettes appelées engageantes. L’opéra Amadis des Gaules propulse à la mode les manches dites en Amadis: manches ajustées et boutonnés vers le haut.

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A noter les robes de deuils sont très présentes et codifiées: entre 1690 et 1710: les femmes ( comme les hommes) se devaient de la revêtir régulièrement à chaque décès qui furent nombreux des grands de cette cour.

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Le temps de longs deuils: Portrait de la duchesse de Berry en veuve 1714/ Portrait de Madame vers 1710 par Bonnard/  Louis XIV et sa famille ( détail) par N De Largillière 1711.

La coiffure est l’élément qui évoluera de la manière la plus spectaculaire. Passant de l’hurluberlu aux deux types de coiffures à la Fontanges. Cette vogue durera trente ans de 1675 à 1699. Le nom vient de la belle duchesse de Fontanges, jeune maîtresse candide de Louis XIV qui, décoiffée au retour d’une chasse, remonta ses boucles sur le front en les maintenant avec une jarretière. Cette coiffure improvisé plut si fort au roi qu’il lui pria de ne rien changer . Dès le lendemain, toutes les dames de la cour parurent coiffées de la même manière. Cette vogue dura en deux temps: d’abords la coiffure à la Fontanges: qui consistait en une masse de boucles relevée légèrement au dessus de la tête en tortillons et touffes étagées par des perles, rubans …( que je trouve par ailleurs très jolie) puis le bonnet à la Fontanges: les cheveux sont pris en chignons dans une culbute ( ou fond de bonnet) auquel se rattache deux pattes flottantes en dentelles descendant sur le dos. Sur le devant se dressent des tuyaux  de dentelles armaturées et fixée à l’aide d’épingles aux cheveux. Ces tuyaux vont encore se raidir et se transformer en « palissade » vers 1680. Ici c’est un bonnet confectionné de gaze et de coques de rubans agrémentés de barbes ( pans flottants) en dentelle.

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Evolution de la coiffure et du bonnet à la Fontanges de 1675 à 1700

Le roi tenta de mettre un terme à cette mode.Il eut la surprise de voir soudain la fontange détrônée par une coiffure basse venue d’Angleterre.  » J’avoue, s’écria un jour le monarque, que je suis piqué quand je vois qu’avec toute mon autorité de roi j’ai eu beau crier contre les coiffures hautes; pas une personne n’a eu la moindre envie par complaisance pour moi, de les baisser. On voit arriver une inconnue, une guenille d’Angleterre avec une petite coiffure basse; tout d’un coup toutes les princesses s’en vont d’une extrémité à une autre !  »

Les textiles sont riches,plus denses encore en couleurs,  rebrochés d’or et d’argents. Les indiennes imprimées connaissant un nouvel essor malgré les contraintes imposées par les édits somptuaires de 1686 visant à protéger les entreprises françaises. On voit apparaître sur les vêtement l’influence orientale qui donnera naissance aux  » bysares » ( motifs étranges, fantastiques qui perdureront jusqu’en 1759) . On voit aussi les « décors à la dentelles » qui imitent par les motifs et un jeu savant de transparence l’effet d’une vrai dentelle. Rappelons qu’elles étaient encore très chers et leur port contrôlé.

C’est donc paradoxalement un débordement de luxe en ce début de XVIIIème siècle qui prévaudra jusqu’aux années 1710 environ. Mme de Sévigné témoigne de cette opulence dans une lettre  écrite à sa fille le 29 novembre 1679 où elle conte le mariage de Mlle de Louvois, fille du ministre épousant le fils du duc de La Rochefoucauld : « J’ai été à cette noce de Mlle de Louvois : que vous dirai-je ? Magnificence, illustration [gens illustres], toute le France , habits rabattus et rebrochés d’or, pierreries, brasiers de feu et de fleurs, embarras de carrosses, cris dans la rue, flambeaux allumés, reculements et gens roués par les carrosses, enfin le tourbillon, la dissipation, les demandes sans réponses, les compliments sans savoir ce que l’on dit, les civilités sans savoir à qui l’on parle, les pieds entortillés dans les queues [traînes des robes] : du milieu de tout cela, il sortit quelques questions de votre santé, où, ne m’étant pas assez pressée de répondre, ceux qui le faisaient sont demeurés dans l’ignorance et dans l’indifférence de ce qui en est : « O vanité des vanités ! »

* Conclusion de la période: La mort de Louis XIV le 1er septembre 1715 et l’instauration de la Régence de son petit-neveu Philippe , Duc d’Orléans et fils de Madame Palatine provoquera une détente. Versailles est abandonné pendant un temps au profit des Tuileries. Les courtisans écrasés par une lourde étiquette protocolaire et lassés des heures macabres endeuillées vont libérer les esprits, les corps et par la même le vêtement. Les femmes continueront à porter le corset mais plus souple dans les grandes robes battantes initiées par celles portées par Madame de Montespan pour dissimuler ses grossesses. Les hommes suivront ce mouvement de détente avec plus d’aisance dans le justaucorps et moins de colifichets.

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Revenons vers d’autres temps bienheureux à l’apogée de la cour de l’astre solaire. C’est dans cet état d’esprit festif et grandiose que j’ai décidé de mettre à profit les conséquentes recherches que j’avais entreprises pour un autre projet professionnel-  sur le costume de cour et l’étiquette du port dudit vêtement à l’époque de Louis XIV.-  J’ai élaboré  une tenue de cour telle qu’une  » Dame de Qualité »  aurait pu porter aux alentours des années 1680-1685 et qui aurait assisté à une grande fête royale. J’ai choisis volontairement cette période que je trouve très belle et bien équilibrée entre la relative « sobriété » des robes de la première période et le « foisonnement » des robes de fin de règne. De plus, je trouvais cette période plus seyante pour ma morphologie que les grands volumes des années 1660.

Au bord des fontaines

Au bord des fontaines. Photo de Paul Jean Marchand

J’ai recherché les coupes et matières historiques. La partie création réside quand à elle dans  la couleur des tissus et l’agencement des galons et perles. Je ne veux voulais surtout pas copier tel quel un tableau ou une gravure, cela aurait anéantit tout le travail de recherche pour lequel j’ai une plus grande prédilection.

Les formes et coupes se sont rapidement imposées mais j’hésitais encore fortement pour la couleur. Je me suis instinctivement orientée de prime abord vers des teintes bleutées. Cependant je voulais varier un peu en m’engageant dans les verts. C’est alors que je suis tombée sur cette sublime soie épaisse de couleur gris perle foncée: un tombé remarquable avec des  reflets admirables ! J’ai alors recomposé ma palette de couleur tirant vers les verts-gris-bleus. Bien qu’il soit différent de ma première ligne de réflexion concernant la gamme chromatique, Je suis très satisfaite du rendu final.

La sous jupe à traîne est faite d’un jacquard de soie bleu tirant sur le vert d’eau, l’ourlet est doublé de la soie grise du manteau de robe et plusieurs rangées de galons l’agrémente. Ce type d’ornementation était très fréquente sur les jupes déjà durant la première période. J’affectionne beaucoup les galons que j’ai trouvé et que j’ai déjà eu l’occasion d’utiliser lors d’un stage en atelier , le rendu est vraiment authentique !

Pour la coupe: je me suis inspirée de croquis de Maurice Leloir.  Célèbre dessinateur qui a documenté au XIXème siècle l’histoire du costume en France de façon très détaillé. Plusieurs patrons ont été relevés sur des robes d’époque dont un corsage et une traîne de cour. Je les ais utilisés comme base et avec d’autres informations tel que le métrage de tissu à appliquer pour la sous jupe, j’ai pu recomposer une silhouette très proche du coté historique tout en l’adaptant en fonction de l’épaisseur et du tombé des matières que j’avais en ma possession.

Gravure de Maurice Leloir

Gravure de Maurice Leloir

La traîne est plissée à la taille et relevée sur les cotés. La longueur est juste équilibrée de façon à marquer l’aspect « robe de cour » avec ce prolongement de la silhouette, tout en conservant une partie traînante de taille modérée,  adaptée au port du costume et de ses contraintes  (traîne doublée pour l’extérieur, passage au milieu de la foule…)

L’ornementation est assez classique et reflète bien l’esprit des robes de cour au XVIIème siècle. On retrouve du galonage doré soulignant les coutures et les manchettes, le tout rebrodé de pierres sur ces même couture et au devant. Cela faisait bien longtemps que je n’avais eu l’occasion de pouvoir broder à la main,  je me suis donc fait plaisir avec une alternance de perles et de strass rosés Swarovski sur les coutures qui encadrent le motif frontal; celui ci composé de plus de 200 pierres Swarovski est une création personnelle, inspirée des échelles de broches que portaient ces dames de la cour.

Détail du corsage: broderies et appliqués

Détail du corsage: broderies et appliqués

La partie broderie est celle que j’ai de loin préféré , car dans mon travail de recherche je me devais à la fois de respecter le motif historique  tout en apportant ma touche et mes goûts personnels sur de ma silhouette.

Le corsage est agrémenté d’une large dentelle de motifs entrelacés et répété en échelles sur les manches. Une des grandes caractéristiques de la tenue de cour sont ces grandes manchettes de dentelles descendant aux coudes,  dont le foisonnement était marqueur de richesse. Ces manchettes , ainsi que la coupe de  ce « corps de jupe et corps de robe agrémenté de volants de dentelle » va se maintenir comme la tenue officielle d’apparat jusqu’au dernier quart du XVIIIème siècle.

Par souci d’économie de temps et d’argent, j’ai choisi de ne pas faire de corps baleiné: je porte donc une chemise ample et plusieurs couches de jupons. Le corsage baleiné soutient le buste à merveille et les jupes viennent s’y ancrer dessus à la taille.

Dans les jardins et la grande salle ronde du château de Vaux le Vicomte

Dans les jardins et la grande salle ronde du château de Vaux le Vicomte. Photos de Paul Jean Marchand et Clémence Trœsch-Varlet.

La coiffure est typique des années 1670-80 dîte  boucles à la fontange. Ce n’est pas encore ce qui va devenir le monticule de dentelle et de fil de fer des années suivantes , il reste équilibré et agréable à porter. Agrémenté ici d’un voile de soie accroché à l’arrière de la tête.

Au niveau des accessoires: une première vague d’orientalisme permet de rapporter de la vaisselle, des tissus et éléments textiles vers l’Europe. Les élégantes pour protéger leur teint de porcelaine, signe de richesse usent d’ombrelles chinoises plus ou moins grande et d’éventails. Le mien est une création originale s’inspirant de ceux d’époque; Je me suis basée sur un tableau que j’affectionne beaucoup « Charles II dansant à la cour « par Hieronymus-Janssens, 1661. J’ai imprimé sur un papier spécial une reproduction du tableau puis je suis revenue dessus; Le pourtour du tableau a donc été peint par mes soins dans les teintes verts- grises afin que le cadre puisse remplir la forme de l’éventail. J’ai ensuite récupéré une monture ancienne délicatement ciselée sur laquelle j’ai encollé la feuille. Enfin je suis revenue à la peinture dorée pour tracer des arabesques typiques du XVIIème en m’inspirant des éléments décorant les meubles d’André-Charles Boulle. (Certains meubles sont au Louvre: je vous encourage vivement à aller les admirer de près ! ) Il était fréquent de trouver des décors à feuilles d’or sur les éventails. Je suis revenue sur certains éléments du tableaux ( lustre, plumes etc..) pour lui donner plus de relief.
Environ 2 jours et demi de travail pour cette pièce 
J’étais ravie de pouvoir peindre à nouveau, moi qui n’avais pas eu l’occasion depuis un petit moment.

Éventail vers 1700: double feuille peinte à la gouache, monture d'ivoire avec application d'écaille et de nacre/ Détail d'un ureau plat en bois plaqué d'ébène en seconde partie d'étain et d'écaille, ornementation de bronze doré, attribué à André Charles Boulle (1642-1732), début de l'époque Régence

Éventail vers 1700: double feuille peinte à la gouache, monture d’ivoire avec application d’écaille et de nacre/ Détail d’un bureau plat en bois plaqué d’ébène en seconde partie d’étain et d’écaille, ornementation de bronze doré, attribué à André Charles Boulle (1642-1732), début de l’époque Régence

éventail1

De gauche à droite: Éventail ancien endommagé que j’avais depuis un certain temps: juste la monture de récupérée; Feuille d’éventail prête au montage; début des décorations en arabesques dorées.

Mon interprétation moderne achevée

Mon interprétation achevée

Je dédie cette réalisation à Jean-Pierre Martinez et Clémence Trœsch-Varlet. Merci du fond du cœur à tous deux pour le soutien et l’aide technique qu’ils m’ont apporté et sans laquelle je ne serais pas allée aussi loin que je ne l’avais envisagé.

Crédits Photos: Paul Jean Marchand , Clémence Trœsch-Varlet, Luc Morel

Sources/ Pour en savoir plus: 

>Herodote.net, article de Mme Fabienne Manière

>wikipedia/Wikimedia creatives communs

>Château de Vaux le Vicomte

>Se vêtir à la cour en Europe (1400-1815), ouvrage dirigé par Isabelle Paresys et Natacha Coquery

>Histoire du costume en occident, des origines à nos jours par François Boucher

>Le Costume Français chez Flammarion, collection Tout l’Art.

>Histoire de la mode et du costume par James Laver

>V&A’s collections

> Gallica ( bnf en ligne)

> Fastes de cour et cérémonies royales le costume de cour en eEurope1650- 1800 , compte rendu d’exposition au château de Versailles

> Lettres de la Princesse palatine

>Du syle, Joan DeJean, Grasset, 2006

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14 réflexions sur “Robe de cour XVIIème siècle

  1. Catherine Memarian dit :

    Un nouvel article passionnant ! Marie-Laure, votre blog devient incontournable dans le monde des Costumés.
    Pour ma part, je suis très déçue de ne pas avoir pu admirer cette réalisation à Vaux mais les échos sont unanimes. LA plus belle robe historique vue dans le parc !

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  2. defilendentelle dit :

    Merci infiniment Catherine, vous allez me faire rougir… Je fais mon travail du mieux qu’il me soit possible en cherchant toujours à m’améliorer. Je suis ravie que mes recherches puissent servir à d’autres, je vous remercie de m’en faire part car je n’ai pas vraiment d’échos pour savoir si ma ligne directrice est adaptée en terme de lecture à tous. N’hésitez pas à suggérer à ces personnes de venir commenter !

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  3. Damien Badré dit :

    Fabuleux ! Merci pour cet historique du costume masculin et féminin sous Louis XIV, c’est hyper intéressant. Bravo pour ta robe dont les explications permettent de mieux l’apprécier. Tu fais en travail extraordinaire !

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  4. melissa forestier dit :

    Bonjour !
    Un grand bravo pour cette création qui est magnifique ! Et un grand merci pour cet article des plus intéressants !
    Je débute dans le costume et je m’intéresse justement au costume féminin de cette période ; or je n’ai pas encore assez de savoir faire pour créer moi même un patron.. auriez vous l’adresse de boutiques/sites en proposant ?
    Un grand merci :)

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    • defilendentelle dit :

      Bonjour Melissa

      Merci pour votre commentaire ! Cette période est un peu technique pour débuter dans la confection de costume, il existe des patrons par exemple assez faciles XVIIIème siècle mais pas XVIIème à ma connaissance. Vous pouvez utiliser les patrons de Cut of Women’s Clothes: 1600-1930 par Norah Waugh ou la série des livres écris par Janet Arnolds.Ces deux références sont des patrons relevés d’après des costumes authentiques donc juste historiquement parlant ;) Bon courage !

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  5. MERCIER NATHALIE - association du Trésor des Ducs d'Anjou dit :

    Bonjour,
    J’ai découvert votre passion sur Paris Match et cela m’a beaucoup intéressé.
    En effet, nous sommes une association qui participe à des spectacles et en dehors de ça nous participons à des bals renaissances et aussi d’autres manifestations;
    Nous sommes plusieurs amies et nous confections nos costumes, mais on est plus sur la période renaissance, mais il est vrai que cela est un vrai plaisir de porter nos confections et de réaliser pleins de costumes. J’espère pouvoir échanger avec vous des astuces et des conseils et peut-être un jour se rencontrer dans un bal. Bon courage.

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    • defilendentelle dit :

      Bonjour Nathalie,
      Merci beaucoup !. C’est en effet une belle passion de pouvoir donner vie aux créations à travers la danse ( chose que je fais aussi mais plus tardive : XIXème). A bientôt lors d’une prochaine rencontre !

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  6. Stéphanie dit :

    Bonjour,
    je suis tombée en admiration devant votre création, c’est magnifique!
    Je suis une grande débutante en couture (et en histoire), et j’espère pouvoir un jour créer des pièces aussi belles. Je suis d’autant plus intéressée que je fais de l’escrime artistique, et votre robe – même si je ne peux pas avoir ce type de costume aussi élaboré pour combattre – me donne des idées pour mon costume de scène ^^
    Bravo!

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  7. Anne Kalonji dit :

    Bonjour,

    je suis tombée sur votre blog par hasard en faisant des recherches sur le corset.. et de fil en aiguile je suis arrivée sur cet article riche en informations et passionnant à lire.
    Je m’amuse à faire un book sur l’histoire du costume pour ma culture personnelle et dans l’optique aussi de connaitre les accessoires des costumes .; votre blog est une pépite !!

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  8. Cindy dit :

    Bonjour,

    Merci pour votre article. Je suis intriguée par le jupon à la crillarde, auriez-vous plus d’informations sur le sujet? Je suis en plein projet sur sur une tenue 1690 d’où ma question ;)
    Merci par avance.

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    • defilendentelle dit :

      Bonjour !

      A ma connaissance il n’existe plus d’exemplaires . Je pense qu’il doit s’approcher du tissu crinoline utilisé dans les années 1840/1850. Mélange de crin et de lin, sa structure elle même permet de maintenir le tissu en forme. Donc si vous souhaitez le reproduire, il faudrait chercher un tissu de crin suffisamment tissé serré . Bonnes recherches !

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