Crimson Peak , Analyse et critique

Retour de la critique ! Ces articles se sont font plus rares, mais comprenez  qu’il n’y a pas grand intérêt à vous parler d’un film ou d’une pièce de théâtre incluant des costumes contemporains ( en tout cas ce n’est pas l’objectif de ce blog même si ceux-ci restent porteurs de sens dans l’œuvre ) A titre personnel, je préfère décortiquer la matière épaisse, les couches successives plastiques qui  font échos entre elles : décors, photographie, costumes, atmosphère etc.. Et à ce titre je suis vraiment gourmande : plus il y en a mieux c’est ! Du bonheur de se plonger dans une analyse profonde que recèle des milliers de petits objets !

Comme d’habitude, l’article sera assez détaillé en photos et descriptions ( en évitant au maximum les spoilers promis ;) Donc aller voir ce très beau film si vous souhaitez garder l’entière surprise  puis revenez à l’article.

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Crimson Peak est un film coproduit, coécrit et réalisé par Guillermo del Toro avec avec Mia Wasikowska, Jessica Chastain, Tom Hiddleston et Charlie Hunnam

Synopsis ( Premiere.com) : Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière en herbe, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : « Prends garde à Crimson Peak ».

Une marginale dans la bonne société de la ville de par sa fâcheuse « imagination », Edith est tiraillée entre deux prétendants : son ami d’enfance, le docteur Alan McMichael, dont la vivacité d’esprit stimule son intellect, et un nouveau venu terriblement séduisant, Sir Thomas Sharpe, un outsider comme elle, qui l’accepte comme elle est et ravit son cœur.

Après la mort mystérieuse du père d’Edith, Thomas entraîne sa dulcinée dans sa luxueuse demeure familiale, en Angleterre. Allerdale Hall est un impressionnant manoir gothique, juché sur une carrière souterraine dont l’argile rouge sang suinte à travers la neige et entache les flancs de la montagne, lui valant le nom de « Crimson Peak ».

Mais Thomas et Edith ne sont pas seuls. Allerdale Hall abrite également la sœur de Thomas, l’envoûtante et mystérieuse Lucille dont l’affection pour Edith cache d’autres desseins. Alors qu’Edith s’installe dans sa nouvelle existence, Crimson Peak s’anime pour elle de visions cauchemardesques et fantomatiques. Mais le véritable monstre de Crimson Peak est fait de chair et de sang…

Edith parviendra-t-elle à élucider le mystère de ses terribles visions avant qu’il ne soit trop tard ? Thomas choisira-t-il de sauver sa nouvelle épouse ou de protéger sa famille ? Jusqu’où Alan est-il prêt à aller pour reconquérir sa bien-aimée ? Et qu’adviendra-t-il de Lucille quand son sombre passé la rattrapera ?

Quand l’amour tourne à la démence, que les cauchemars deviennent réalité, tous ceux qui osent fouler la terre ocre de Crimson Peak s’exposent à un terrible danger.

Grand Hall

Grand Hall

Guillermo del Toro, célèbre réalisateur du Labyrinthite de Pan nous replonge dans un univers fantastique peuplé de spectre et de maisons vivantes.

D’origine Mexicaine, Guillermo del Toro est diplômé de l’université de Guadalajara sa ville de naissance. Il s’est formé auprès de l’expert du maquillage et des effets spéciaux oscarisé Dick Smith, puis a créé son propre studio d’effets et de maquillages spéciaux, Necropia, à Guadalajara. Il a débuté sa carrière en produisant et réalisant de nombreuses émissions pour la télévision mexicaine. Admirateur du film d’horreur gothique, il a ensuite réalisé Mimic, en 1997, qu’il a également coécrit. Il a ensuite réalisé le film de vampires Blade II, avec Wesley Snipes et Kris Kristofferson, et le film en langue espagnole L’Echine du Diable. Le film a obtenu le Prix Méliès au Festival du Film fantastique d’Amsterdam, ainsi que le Prix spécial du Jury et le Prix de la Critique internationale au Festival du Film fantastique de Gerardmer 2002.

En 2006, le réalisateur connaît une nouvelle consécration avec le conte fantastique Le Labyrinthe de Pan, présenté en Sélection Officielle en compétition au Festival de Cannes. Cinq ans après avoir donné une suite aux aventures du démon oeuvrant pour le Bien dans Hellboy II, Guillermo del Toro met en scène une gigantesque bataille opposant monstres et robots géants dans le t blockbuster Pacific Rim.

Guillermo del Toro est ensuite choisi pour faire partie du Jury du Festival de Cannes en 2015 aux côtés de Rossy De Palma et Xavier Dolan. La même année, le réalisateur fait son retour au cinéma dans la catégorie épouvante-horreur avec Crimson Peak.

La maison maudite: Allerdale Hall

Mention spéciale pour ce film au directeur de la photographie Dan Laustse qui a fait un travail remarquable sur ce film. Il est connu notamment pour sa direction photographique sur les films: Silent Hill , le Pacte des Loups et d’autres tournant autour du thème « épouvantes/horreurs » comme Mimic DE Guillermo del Toro ou encore Possédée.

Les costumes sont de Kate Hawley. Il s’agit d’une nouvelle colllaboration entre la costumière et le réalisateur qui ont déjà collaborés sur au moins cinq ensembles.Elles est notamment la costumière de la trilogie du Hobbit.

Grand escalier et ses fabuleux contrastes de matières et de couleurs

Vous connaissez mon amour du beau contraste : contraste à la fois baroque avec ses couleurs vives baignés dans une semi obscurité et ce côté clair-obscur que l’on retrouve chez Rembrandt. Ou encore cette capacité à faire sortir de l’ombre une vibration de manière franche ou plus subtile…

Et là encore je n’ai pas été déçue : contraste de matières vibrantes, de couleurs chatoyantes mais très dense : tout ceci renvoi une image globale d’une mise en scène soignée à chacun de ses plans comme un tableau. Quel bonheur de pouvoir passer de longues minutes devant une peinture quelle qu’elle soit et en apprécier la composition, l’harmonie ( ou pas) des couleurs, l’intention dissimulée du peintre, son sens véritable etc…. Crimson Peak à ce titre s’est relevé parfait. J’ai savouré tous ces verts oxydés, ces rouges carmin passés, ces bleus glacials et très sombres etc…Le film rentrera dans ma catégorie dégustation visuelle ;)

Crimson Peak est un film d’épouvante très classique dans l’utilisation des codes. Le film se veut une sorte d’hommage au genre, par conséquent, les codes popularisés de cette atmosphère sont facilement décelables : : Manoir hanté très vaste s’ouvrant sur un grand escalier de hall desservant  de multiples pièces du grenier jusqu’à la cave ; longs couloirs sombres éclairés d’une lanterne ; héroïne en chemise à col montant explorant les couloirs à la recherche des bruits avec un chandelier à la main etc..(  Je n’ai pas pu m’empêcher de déceler dans cette dernière image un rappel à la maison hanté de Disneyland ) . L’univers esthétique basé pendant la période 1870-1900 est un grand classique du genre mais aussi et surtout très romantique dans le sens historique du terme : le romantisme tel qu’il est décrit dans les années 1840

Photographie et ses savants mélanges de lumières à couper le souffle ! Voyez vous comme moi la fameuse  » Mariée fantôme  » du manoir hanté de DisneyLand ? Sans doute est ce un code tellement classique qu’on ne sait plus bien d’où est t’il venu…

Concernant les  partis pris filmiques : Je suis peu familière du cinéma Del Toro, par conséquent je ne vous donnerais mon point de vue que sur ce film.

Les plans larges avec de grandes lignes de fuites pour renforcer le coté gigantesque du manoir. A juste titre une personne m’a fait remarquer qu’à l’image des tableaux de Rembrandt : l’obscurité occupe une grande place dans le cadre. Conséquence : renforce le sentiment de mal être et l’ambiance d’épouvante. On s’attend à voir quelque chose sortir de l’ombre à gauche car le cadrage ouvert ne place pas l’actrice principale au centre. Un de mes plans préféré qui m’a littéralement scotché par sa grande maîtrise est lorsque l’héroïne Edith entend un bruit suspect dans le couloir, sort de sa chambre et de la pénombre très doucement laissant deviner au spectateur successivement : ses longs cheveux encadrant un masque sombre « sans visage », puis des yeux brillants que l’on distingue puis subitement le visage entier avec tous ses détails dont l’expression faciale. Je dois avouer que pendant quelques secondes, j’ai cru confondre le personnage d’Edith avec un spectre cherchant  à effrayer alors que c’est elle au final qui a peur à ce moment précis du film : un travail admirable !!

Edith émergeant de la pénombre de sa chambre à la recherche de son mari

Edith émergeant de la pénombre de sa chambre à la recherche de son mari

Chaque acteur a été parfaitement casté pour le rôle qui lui était destiné. Del Toro a su utiliser l’image associé aux différents acteurs pour ajouter un vrai plus aux personnages. Ainsi, Mia Wasikowska a endossé le rôle de Jane Eyre et il m’a semblé plusieurs fois détecter ses influences dans la réalisation de Crimson Peak. J’ai appris après visionnage que le réalisateur a été en effet influencé par cette œuvre et aussi par « Les Hauts de Hurlevents » , sorte d’écho au fait que la manoir de Crimson Peak « respire » et est un personnage à part entière.  Même travail pour Tom Hiddleston et Jessica Chastain . Etait-ce voulu ? Pour ma part j’ai apprécié la démarche.

Concernant les décors:  Ah je suis en pâmoison ! Quel bonheur de pouvoir laisser son œil s’attarder dans les moindres recoins et découvrir de nouvelles choses ! Guillermo Del Toro est attentif au moindre détail et apprécie de parsemer ses plans de découvertes offertes aux spectateurs. Mention spéciale aux connaisseurs : cherchez la crinoline (surement d’époque et datant de 1850) abandonnée négligemment sur une chaise d’un couloir et se retrouvant au centre du cadre de caméra entre la porte et Edith en exploration du manoir. Impossible de la rater au point que je me suis demandé si ce n’était pas voulu ;)

Figuration de la crinoline à droite !!

En plus du manoir, nous pouvons admirer de très belle vue d’une ville époque 1900, d’un bureau d’office où travaille le père d’Edith et une salle de bal d’une riche maison bourgeoise.

Pour un budget conséquent de 55 millions de dollars, les costumes et décors sont à la hauteur de mes espérances. Il est vrai que de se plonger dans un manoir victorien sombre, croulant sous la poussiéreux et les teintes fanées profondes de plusieurs générations reste un vrai plaisir !

Salon principal

Salle de bain: admirez ces tons de verts oxydés

Concernant les costumes: La gamme de couleurs des costumes est particulièrement intéressante et porteuse de sens : Des oppositions se créent entre les personnages tel Sir Thomas Sharpe ou le père d’Edith. Les américains de la ville sont  Habillés dans des teintes chaudes oscillant entre l’ocre et le  marron. Ils  représentent le travail, la vie active, le lien à la terre. A l’opposé de Sir Thomas Sharpe : un rentier ruiné qui n’utilise pas ses blanche mains et s’habille de noir et ses demis teintes (brillant pour rester élégant mais suffisamment sombre pour accentuer le coté pâle, presque vampirique de sa carnation). La chef costumière,Kate Hawley, avait pour consigne de ne pas utiliser de blanc, de noir ou de rouge du coté américain. Elle a donc choisi des tons dorés, bleus et verts.

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Charlie Hunnam dans le rôle du Dr. Alan McMichael

Tom Hiddelston dans le rôle de Sir Thomas Sharpe

Habit du matin en laine par J.B. Johnstone, British, 1894, MET Museum

Habit du matin en laine par J.B. Johnstone, British, 1894, MET Museum

Même combat chez les dames : Edith tranche avec Lucille Sharpe,  par l’opposition de couleurs claires, de matières fluides transparentes à l’opposé du personnage de Lucille habillé de couleurs très denses presque de deuil ou demi-deuil dans des velours cramoisi, bleu marine ou noirs. Plus largement les Sharpe frère et soeur contrastent également par les formes : Habitant repliés sur eux même dans ce grand manoir, leur vêtements en ville souffre d’une différence d’au moins 20 ans : Pour monsieur : le gilet très ajusté et droit contraste avec les gilets d’époque 1900 moins sophistiqués mais tout aussi élégant. Madame quand à elle porte une robe dite de la période  « Natural Form » des années 1875-1880 avec une large traîne. Lucille est une jeune fille qui ne porte pas la mode de son époque, en opposition totale avec les gorges pigeonnés, jupes cloches à empiècement et très larges manches gigots qu’arbore Edith ,la riche héritière à la pointe de la mode en cette année 1901 ( date à laquelle se déroule le film). J’émet une réserve car la volonté esthétique de faire apparaître les manches gigots ne colle pas à la date qui nous est donné avec insistance pour la situation du film. L’erreur se répète sur plusieurs détails tel la fameuse voiture  Ford T mise en avant alors qu’elle n’existait pas encore en 1901. Mais peu importe, le contenu est porteur de ce sens, ce qui est le plus important.

La base historique est bien présente, les références sont clairs. Le réalisateur a ensuite demander à la costumière  de les rendre  » fantastiques »en  occupant une plus large place dans le décor ( exemple: les manches gigots immense de la chemise de nuit d’Edith) . La magie se mêle au conte et les personnages sont ainsi transcendés.

Éléments de costumes d’Edith

Edith face à sa machine à écrire, superbe travail de plis. Remarquez la petite broche tete de mort/ Une secrétaire américaine vers 1908 elle aussi au coté d’une machine à écrire

Edith face à sa machine à écrire, superbe travail de plis. Remarquez la petite broche tete de mort/ Une secrétaire américaine vers 1908 elle aussi au coté d’une machine à écrire.

Tailleur de ville vers 1895, Victoria and Albert Museum Londres/ Edith en costume de ville ua début du film/ Tenues de villes: The Delineator Novembre 1898.

Tailleur de ville vers 1895, Victoria and Albert Museum Londres/ Edith en costume de ville ua début du film/ Tenues de villes: The Delineator Novembre 1898.

Edith dans l'atelier de Thomas Sharpe

Edith dans l’atelier de Thomas Sharpe.

Tenue d'Après midi en soie vers 1895, Augusta Auctions, 2015/ Edith en exploration du manoir

Tenue d’Après midi en soie vers 1895, Augusta Auctions, 2015/ Edith en exploration du manoir

Edith découvrant les papillons de la nurserie du manoir. Excellent parallèle qui pourrait expliquer le décalage entre la date 1901 du film et la référence 1895 pour les costumes d'Edith. En effet, la robe qu'arbore le personnage ici est dotée de manches dîtes

Edith découvrant les papillons de la nurserie du manoir. Excellent parallèle qui pourrait expliquer le décalage entre la date 1901 du film et la référence 1895 pour les costumes d’Edith. En effet, la robe qu’arbore le personnage ici est dotée de manches dîtes  » en ailes de papillon ». qui plus atrd se mueront en « manche gigots » avec moins de matière

Très beaux détails façon arts nouveau sur ce mantelet et ce chapeau/ Tenue de ville, capelet de sortie: journal The Delineator 1897, USA

Très beaux détails façon arts nouveau sur ce mantelet et ce chapeau/ Tenue de ville, capelet de sortie: journal The Delineator 1897, USA

Portrait de Gilberte Sergy, par Clemens von Pausinger, 1904/ Edith arrivant au bal et émergeant de cette immense cape tel un papillon.

Portrait de Gilberte Sergy, par Clemens von Pausinger, 1904/ Edith arrivant au bal et émergeant de cette immense cape tel un papillon.

Tenue d'après midi d'Edith Cushing: regardez la ceinture !

Tenue d’après midi d’Edith Cushing: regardez la ceinture !

Deux périodes qui se rencontrent

Deux périodes qui se rencontrent

Frère et soeur

Frère et soeur

Superbes détails d'appliqués sur cette robe en velours bleu foncé de Lucille qui font vibrer la silhouette

Superbes détails d’appliqués sur cette robe en velours bleu foncé de Lucille qui font vibrer la silhouette( Suggestion du réalisateur lui même)

Lucille dans le grand escalier/ et Robe d’après midi en soie , 1876 USA MET Museum

Lucille dans le grand escalier/ et Robe d’après midi en soie , 1876 USA MET Museum

Lucille

Lucille « engoncée » dans cette très belle cascade de plis. Dommage ici que les figurantes soient mal habillées et très présentes à l’écran …/Cascade de plis pour cette magnifique tenue d’après midi à col montant en taffetas de soie. 1880, Galleria del Costume di Palazzo Pitti

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Pourpre à l’image de la colline, à l’image du sang qui coule..

Petit extrait des costumes en action: Rencontre de Edith avec Lucille.

Les robes de nuit: Edith parcourt le manoir la nuit habillée d’une très belle robe de nuit que l’on pourrait dater à cheval entre 1895 et 1900. je n’ais pas réussi à trouver d’exemple historique précis pour faire la comparaison, mais nous restons toujours dans ce registre du col montant plissé boutonné, caractéristique des tenues de cette période. Del Toro avait donné pour consigne à la costumière d’avoir une matière légère pour ces scènes,  à l’image de la maison qui « respire ». Pour ma part, ce travail superbe de plis confère à Edith un coté très statuaire, comme figée dans le temps et faisant déjà parti de la maison, ceci en opposition avec la transparence de la chemise perçue à travers les immenses manches gigots ou la large chemise. En l’arborant, Edith semble faire partie des fantômes de ce manoir à hanter les couloirs un chandelier à la main. Kate mentionne également que la fluidité évoque l’innocence d’Edith plongée au milieu de ce macabre endroit.On retrouve ces idée d’innocence et de fertilité avec l’image filée tout au long du film des papillons: en vol, morts aux sols, brodés sur la chemise bouffante d’une tenue de jour d’Edith etc…

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Est un fantôme ?

Mention spéciale aux codes gothiques disséminés un peu partout sur les personnages : couleurs sombres , gilets de cuir noir, pendentif de croix gothique pour Jessica, la bague de fiançailles rouge sang sertie d’une monture caractéristique ; mains enlacés sur la ceinture d’ Edith, signe qu’elle met un pied déjà dans cet univers. Juste cet étrange jaune bouton d’or porté par Edith lorsqu’elle explore la maison : de toute évidence il s’agissait de faire naitre un contraste mais là, il m’a semblé à titre personnel beaucoup trop prononcé et a rendu toute autre couleurs en arrière très très fade voir inexistante. Par ailleurs dans le film, certaines femmes portent de vrais costumes d’époque.  Guillermo del Toro explique : « La direction artistique du film s’articule autour de deux chapitres distincts. La première partie se passe aux États-Unis où tout est or, sépia et teintes tabac : les couleurs du progrès et de la vie. Quand on se rend à Crimson Peak, tout devient sombre et froid, et terrifiant. »

Je m’arrêterais là, je vous laisse découvrir les nombreuses autres influences et petits détails qui parsèment le film ;)

Une des rares maquettes de la costumière: celle ci préférant l’échange avec le réalisateur plutôt que de poser sur papier ses idées

Scène au cimetière, Edith a accepté d’épouser Sir Thomas Sharpe. Tout dans sa tenue indique qu’elle semble déja faire partie de Crimson Peak…

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En conclusion : Crimson Peak est un très beau spectacle visuel soutenu par un scénario qui certes comporte quelques incohérences mais fait hommage au film classique «  manoir hanté » Guillermo del Toro a su allier une esthétique gothique et raffinée pour créer une atmosphère à la fois angoissante mais attrayante. Histoire de fantômes certes, mais à l’image du livre que rédige le personnage de Edith «  le fantôme n’est pas le sujet principal mais plutôt une métaphore » Effectivement, on arrive à la fin en se demandant qui hante qui réellement. Le scénario pèche dans le sens où tout se passe tellement vite que l’on n’a pas le temps de s’attacher aux personnages, de comprendre vraiment leur histoire pourtant très dense… C’est dommage. A titre personnel, je trouve  que le scénario comporte quelques incohérences scénaristiques mais l’ensemble est très bien monté.

Jeux d’acteurs très bons, la terreur ou le sadisme se lit sur leur visage. Mention spéciale à Mia Wasikowska dont le visage exprime et transmet vraiment sa peur au spectateur.

Le coté horreur est un peu présent mais le concept peur revient  surtout avec l’utilisation du  jump scare.( Plan se resserrant, musique qui s’arrête, respiration bruyante du personnage et soudain une chose entre dans le plan scandée par un coup de violon strident pour faire sauter la salle).  Je suis très bonne spectatrice et les jump scare ont été très efficaces sur moi ( le bras de mon compagnon s’en souvient encore ;) J’ai été un tout petit peu dérangé par le coté horreur que j’ai trouvé parfois très cru et ayant peu d’intérêt à l’histoire…. Fort heureusement, le film n’abuse pas de ce procédé et nous laisse quelques moments pour poser l’histoire et respirer. Je vous recommande le visionnage de ce film . Crimson Peak reste néanmoins  difficile à ranger dans une case : c’est un film gothique, d’épouvante, de fantômes, de conte… Il n’est pas suffisamment marqué pour l’un ou l’autre des genres ce qui peut déplaire aux amateurs des films des genres susnommés. L’avantage de ce « cross-over » est la possibilité de s’adresser à un large public et faire venir des personnes comme moi ayant peu d’attrait pour le gothique ou l’horreur et y trouver un certain contentement en sortie de salle.

Crédits photos: Allocine.com/ première.com/ Site officiel de Crimson Peak/ Met Museum/ Augusta Auction/ Victoria and Albert Museum

Sources/ Pour en savoir plus:

>Site officiel de Crimson Peak

>Allocine.comPremiere.com

>Crimsonpeak fan sur pinterest

>http://variety.com/2015/artisans/news/crimson-peak-costume-designer-kate-hawley-1201603363/

> Galleries en ligne du Metropolitan Museum

> IMDB Crimson Peak/ Guillermo Del Toro

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