Exposition « Juwelen! » à L’Hermitage Museum d’Amsterdam, Pays-Bas.

Retour d’un article sur le blog qui s’était fait rare ces derniers temps: le compte rendu d’exposition ! J’ai eu la chance ce week-end de pénétrer pour la première fois à l’Hermitage Museum et de voir l’exposition « Juwelen! » consacrée aux joyaux et autres beautées de la cour impériale de Russie.

Tour annonce de l’exposition. Celles ci sont typiques à Amsterdam et annoncent les événements culturels. Un peu comme nos colonnes Morris à Paris! Photo: Page Facebook du musée.

Un musée Russe aux Pays-Bas

Voyons d’abords en quoi consiste ce musée un peu particulier. Comme son nom l’indique, l’institution est officiellement liée au musée du même nom: Le fameux Hermitage situé à Saint-Pétersbourg.  Dans la dépendance située à Amsterdam, vous ne trouverez pas de collections permanentes, mise à part la très belle galerie de portraits de groupes du 17ème siècle , tableaux eux même extraits des collections du Amsterdam Museum et dy Rijksmuseum ( où se trouve le fameux Nacht Wacht de Rembrandt). L’absence de collections permanentes signifie que pour chaque exposition, les objets présentés au public voyagent depuis la maison mère de l’Hermitage jusqu’à Amsterdam. Ils transitent par la Finlande, puis le nord de l’Allemagne avant d’arriver aux Pays-Bas ( et mon imagination s’emballe à se visualiser les convois chargés de merveilles !)

Cette dépendance hollandaise a été inaugurée en 2004 et ouvert à la visite de façon totale en 2009. L’intérieur est donc très sobre et moderne, mais l’extérieur conserve les magnifiques façades du 17ème siècle, quand le bâtiment  alors appelé Amstelhof, accueillait des personnes âgées et nécessiteuses, depuis sa construction en 1683 jusqu’en 2007.

L’origine de l’implantation de la dépendance du grand musée Russe s’inspire d’une longue tradition de contacts, commerces et mariages princiers entre la république des Provinces -Unies (anciens Pays-Bas) et l’Empire des Tsars. Culture et échanges commerciaux ont rythmés les âges et certaines de ces illustres princesses par leur mariage avec les rois et élus néerlandais, sont les ancêtres des souverains actuels des Pays-Bas.

L’entrée du Musée du coté de la rivière Amstel (rivière qui a donné son nom à la ville d’Amsterdam: la Digue (Dam) sur l’Amstel.

Présentation de l’exposition

Comme chacune des expositions de l’Hermitage Amsterdam, la thématique est toujours liée à la Russie. Juwelen en néerlandais signifie: Bijoux. L’exposition présente donc un nombre conséquent de joyaux faits de pierres précieuses et d’or finement travaillé, mais aussi les autres joyaux connus de la cour de Russie: Les créations de Fabergé, les sublimes éventails, les robes de l’Impératrice etc…

Je vais commencer par vous donner mon avis personnel résumé en quelques lignes à propos de cette exposition. C’est une première pour moi dans ce musée que je n’avais pas encore eu l’occasion de visiter. Moi qui d’habitude aime me promener tranquillement dans une exposition, apprécier chaque commentaire en légende, chaque ouverture de salle, prendre le temps de regarder les détails de constructions des vêtements etc… Je dois vous dire que là, l’exposition s’est faite un peu au pas de course (donc pas le temps de tout lire) et poussée de partout notamment par des personnes âgées qui étaient venues en renfort ce jour là ! Donc premier conseil que je vous donne si vous souhaitez visiter cette sublime exposition: venez à l’ouverture et en plein milieu de semaine. Ma visite ayant été un Vendredi matin et était déjà très très dense en visiteurs ! C’est un peu la plaie de ces très belles expositions: elles attirent toujours tellement de monde que nous en sortons avec le curieux sentiment d’en avoir oublié le contenu, tellement les visiteurs ont provoqué plus d’agacement et de blocage pour voir les objets en vitrine, que de pouvoir prendre le temps de les apprécier vraiment ! Fort heureusement, mon fidèle Lumix était avec moi et me permet de vous retracer l’exposition avec donc mes photos personnelles et photos officielles du musée.

Superbe robe de cour que j’ai malheureusement manqué dû à la présence d’un groupe ayant stationné devant trop longtemps… Crédit photo: agreylady.nl

Passons maintenant à l’exposition. Elle s’ouvre sur une très vaste salle qui sert aussi pour toutes les autres expositions. Après une courte introduction sur l’histoire de la cour de Russie et quelques arbres généalogiques permettent de retracer les multiples liens entres les familles Russes et Hollandaises, nous entrons dans la salle principale. A gauche et à droite au mur se trouve des portraits de nobles, aristocrates ou issus de familles fortunées Russes. C’est un vrai plaisir de pouvoir admirer un nombre de tableaux qui me sont familiers pour la première fois en chair et en os !

Portrait de la Tsarine Maria Feodorovna (née Princesse Dagmar du Danemark) by Kramskoj. Crédit photo: https://www.agreylady.nl/

Portraits d’un couple dont j’ai oublié malheureusement oublié les noms ! Daté précisément de 1845. Photo personnelle.

Portrait de ? (Je suis navrée j’ai oublié de prendre la légende en photo)

Portrait de ? (Je suis navrée j’ai oublié de prendre la légende en photo)

Le centre de la salle est constitué de vitrines dont je n’ai pas réussi à déceler le thème commun. Celles ci sont classées grosso-modo par périodes de dizaines d’années et toutes ont au moins: un ou plusieurs: vêtements; bijoux, éventails et chaussures. Là encore l’espace entre le mur avec les portaits et les vitrines elles même  est tellement réduit que la prise de recul pour prendre une photo par exemple est très difficile ! Par contre, je me suis délectée de zooms sur les SUBLIMES objets présentés ! Des éventails que j’aurais volontiers ajouté à ma collection personnelles, des bijoux sublimes de raffinement et bien sûr, beaucoup de robe de la dernière impératrice de Russie: Alix de Hesse-Darmstadt (Alexandra Feodorovna).

Voici quelques photos sélectionnées de ces fameuses vitrines (Merci de me demander/citer avant de réutiliser mes photos)

Bracelet à portrait vers 1820. La miniature représente Anna Paulowna jeune avant son mariage avec le roi Willem II des Pays-Bas.

Magnifique éventail de type brisé en corne ouvragée et garde en émail vers 1820-1830

Robe de bal brodée vers 1825

Sublime éventail en « Fer de Berlin », je n’en avais jamais vu auparavant. Cette mode qui s’est étendu à de nombreux accessoires comme les bijoux ou ici: un éventail de type brisé. Avec les difficultés économiques qu’a connu la Prusse pendant les guerres Napoléoniennes, les habitants ont été sollicité afin de contribuer aux dépenses engendrées. En échange de leur précieuse argenterie et autres objets de valeur que ces habitants reçoivent des objets en fonte et affichent fièrement leur participation à l’effort national. Cet engouement se poursuivra même après le conflit.

Robe de bal de la Tsarine Alexandra Feodorovna avec appliqués de dentelle perlée, vers 1895.

Robe de bal de la Tsarine Alexandra Feodorovna avec appliqués de dentelle perlée, vers 1895.

Éventail dît « aux trois nuances de violat » ayant appartenu à la Tsarine Alexandra Feodorovna. Orchidées peintes sur feuille de velum et monture en nacre vers 1895. (Fabrication française)

Éventail ayant appartenu à la princesse Yusupova. Dentelle à l’aiguille de Bruxelles, monture en écaille blonde de tortue et monogramme en diamant vers 1895 (Fabrication française). A droite: soulier de bal en soie rebrodée vers 1889-1895 de fabrication française également.

Une autre robe de bal assez connue portée par Alexandra Feodorovna.  Le travail de broderie est absolument fantastique et j’aurais pu passer des heures à observer les entrelacs de perles, sequins et appliquées de dentelle! Vers 1890-1900.

Détail des broderies sur la traîne.

Broche orchidée en email et diamants.Manufacture européenne de la fin du XIXème siècle.

Robe du soir portée par Alexandra Feodorovna. et fabriquée par les ateliers à Moscou vers 1900. Satin et organza de soie noire rebrodés aux motifs de lauriers.

Éventail peint aux fleurs sur velum et monture en nacre de fabrication française. J’ai remarqué un détail que peu de visiteurs avaient vu. Voyez vous ce qui figure à droite ?

Et oui ! C’est bien notre chère cathédrale Notre Dame de Paris. On reconnait aussi le pont en avant du monument. Éventail de fabrication française vers 1895.

Autre robe de la tsarine très connue. Les superbes entrelacs de style Art Nouveau sont brodés par dessus un tissu de sequin et autres garnitures ouvragées. Une merveille ! Robe de bal conçue en 1903 à Saint-Pétersbourg par un créateur français Mr Auguste Brisac. Satin, guipure, tulle et chenille de soie.

Détail de la robe décrite ci dessus.

Détail du fabuleux tissu de la robe décrite ci dessus.

Sublime éventail vers 1890-1900 peint dur velum et monture de nacre rehaussée d’un soleil qui étend ses rayons sur la feuille. Devant: souliers de bal en satin de soie, comme l’éventail: de fabrication française. A gauche et à droite: bracelets en or et émail milieu 19ème siècle.

Robe du soir vers 1912 portée par l’actrice Vera Karakhan. Fabrication française par la maison Doucet. Velours, gaze et tulle brodé.

Vue de profil de la robe décrite ci dessus.

Éventail classique de la période vers 1890-1900. Très large (70cm de coté) en plumes d’autruches blanches et monture de nacre. J’en possède un très similaire, à ceci près que le mien n’a pas cette incroyable garde travaillée à l’or fin, email et pierreries de couleurs !

Une autre beauté d’éventail. Cette forme dîte « Fontange » a eu un grand succès entres les années 1910 et 1920. La brillance des sequins est vraiment spectaculaire en personne, je l’aurais bien emmené avec moi! Corne, tulle sequins et acier. Fabrication française.

La salle suivante, bien nommée « SchatKamer » ou chambre aux merveilles, présente une sélections des plus belles pièces de joaillerie russe. Tous les grands noms sont présents depuis le 18ème siècle jusqu’au 20ème. Là encore BEAUCOUP de monde agglutiné devant les vitrines et lumières très faibles,  ma sélection de photo est assez restrictive hélas, je complète l’article avec les photos officielles diffusées par le musée.

Parure en émail vers 1830-1838 comprenant un collier, des boucles d’oreilles et la broche assortie.

Vitrines à bijoux originales de l’Hermitage datant des années 1890. Transportées tout spécialement avec leur contenu ! On distingue au premier plan: un éventail d’ivoire et garde en or et pierres rouges(vers 1835-40); deux châtelaines en or et pierres rubis et émeraudes(vers 1750-60); bracelet en diamant et camé représentant l’impératrice Catherine la Grande (vers 1745) et carnet de bal à feuilles de nacre avec son petit étui de rangement en or (vers 1850).

Bouquet de pierre précieuses réalisé par Jeremie Pauzie vers 1740-50. Crédit photo: Musée de l’Hermitage.

Pour la suite de l’exposition à l’étage, nous passons à travers une série de salles sur des thèmes communs comme : le Boudoir des Dames, l’époque Catherine, vêtements d’enfants, bijoux d’hommes etc. La dernière petite salle présentant quelques objets, costumes et bijoux spécifiquement de la période 1900-1918.

La salle 18ème siècle « Catherine ». On distingue une robe de cour ayant appartenu à l’impératrice vers 1745 en sublime brocard de soir, un éventail, des pommeaux de canes en bijoux, une aiguillière et son bassin en or et quelques accessoires de toilettes.

Détail de la robe de cour.

Châtelaine en agathe et ruban de soie, perles et diamants vers 1755-60. Cette agathe si particulière enferme des végétaux fossilisés. On sélectionnait les pierres, dont les éléments emprisonnés dans la pierre depuis des milliers d’années, se rapprochent le plus de paysages naturels (ici évocation d’un arbre) et mises en valeurs pour toute forme de bijoux.

La salle à thème « Boudoir ». De nombreux éléments liés à la toilette y sont présentés.

Détail du miroir époque 1740-1750. On voit au premier plan: une brosse à cheveux à manche d’argent, un nécessaire en émail et ses petits accessoires de toilettes, un poudrier etc.

Portrait d’E.Volotskaya, 1855-60 par G. Yakovlev.

Éventails ayant appartenu à la Tsarine Maria Feodorovna du temps où elle était encore Princesse Dagmar du Danemark. Regardez bien: son prénom figure sur l’éventail en ivoire finement gravé à droite et en provenance de Chine. L’autre éventail est du célèbre fabriquant Alexandre et tous deux datent d’environ 1850-1860.

Porte carte de visites (ou de jeu) en or et emails. Voyez ces motifs ! Fabrication française vers 1885-1900.

Superbe broche typiquement Art Nouveau vers 1913 en vers gravé et coloré avec ses motifs de fleur. Fabrication française par le fameux Lalique !

Broche libellule en verre, brillants encore du fameux Lalique vers 1912.

——–

CONCLUSION

En résumé: une superbe exposition à aller voir (compter 25 euros pour une entrée standard de tout le musée, 18 euros pour l’exposition seule). Beaucoup de très belles pièces dont certaines très connues, qui ne sont visibles habituellement que dans la lointaine Russie, cela vaut le détour. Mais je vous conseille VIVEMENT d’y aller juste en ouverture et si possible en plein milieu de semaine. Attendez vous à des passages un peu étroits provoqués par les groupes stationnant devant les œuvres, l’oreille collée à l’audioguide, mais prenez votre mal en patience et votre place pour admirer les magnifiques objets présentés.

———

-Crédits Photos: Marie-Laure Colomban/ Musée de l’Hermitage d’Amsterdam et autres décris sous chaque photo.

– Sources/ Pour en savoir plus :

Catalogue de l’expostion rédigé par Jekaterina Abramova.

La Russie des tsars . Sous la direction de Emmanuel. Collection : Tempus.

Musée de l’Hermitage de Saint Saint-Pétersbourg (collections en ligne)

2 réflexions sur “Exposition « Juwelen! » à L’Hermitage Museum d’Amsterdam, Pays-Bas.

  1. Needlenath dit :

    Je viens de découvrir ton blog et je le trouve passionnant. Tu donnes beaucoup d’informations historiques et tes créations sont sublimes. Merci beaucoup de faire partager tout ça !

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s